Anouar Malek porte plainte contre Boujerra Soltani devant la Cour d’Alger
L’écrivain et journaliste algérien résidant à l’étranger, Anouar Malek, a porté plainte, dimanche, devant la Cour d’Alger, contre le leader politique du Mouvement de la société pour la paix -Msp- pour avoir été l’objet de tortures en 2005.
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Cette plainte vient de rouvrir donc un dossier judiciaire que la justice helvétique avait clos après le départ précipité de Soltani de la Suisse en octobre dernier.
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Anouar Malek, qui vit actuellement en France, a révélé à « Echorouk » qu’il a dûment déposé, dimanche, par le biais de son avocat, auprès le procureur général de la Cour d’Alger une plainte pour tortures dont il accuse le chef du MSP, Boujerra Soltani, d’en être l’instigateur, alors qu’il était emprisonné en Algérie, en 2005.
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En octobre 2007, Anouar Malek avait introduit une pareille plainte en référé auprès des instances helvétiques, alors que Soltani participait à Genève, en Suisse, à un colloque islamique. Toutefois, Soltani avait pu se tirer d’embarras et quitter la Suisse par voie terrestre, alors que l’affaire était en train de suivre son cours.
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Son avocat à Alger, Me Khaled Berghel, nous a confirmé que son mandat a bel et bien introduit une plainte pour actes de tortures contre Soltani, préférant de ce fait, porter l’affaire devant la juridiction algérienne, et que l’affaire devrait commencer son cours normal.
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Selon l’avocat, cette plainte de son mandant cible aussi bien Soltani, qui était à l’époque des faits ministre d’Etat dans le gouvernement Belkhadem, que tous ceux qui se sont aussi impliqués avec lui dans cette affaire. Il a rappelé en outre que la dernière plainte suivait son cours normalement et que la justice helvétique avait ordonné l’arrestation de Soltani lorsque celui-ci, qui devait donner une communication à Genève, avait subrepticement quitté la Suisse.
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Pour Anouar Malek, « le fait de porter cette affaire devant les tribunaux algériens traduit en fait une confiance en la justice algérienne », devant ce grave dépassement « opéré par Soltani, qui avait personnellement supervisé les séances de tortures », selon les termes du plaignant.
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L’affaire semble avoir une source personnelle, selon les termes de Anouar Malek, qui révèle qu’il avait eu un différent avec le chef du Msp alors qu’il était militaire, en 1997, et que par la suite, devenu ministre, en 2005, Soltani l’a fait jeter en prison, à Serkadji, du 29 juin au 4 juillet 2005. Selon Anouar Malek, Soltani avait personnellement supervisé les séances de tortures, qui lui avaient laissé des séquelles physiques et psychologiques très importantes.
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Anouar Malek affirme s’en remettre à la justice algérienne, qui doit mener à terme ce déni de loi et cette injustice, évitant par là même à l’Algérie, d’être encore une fois interpellée par les instances de l’ONU.