Automobile: un nouveau cahier des charges pour casser les prix
Les lacunes et l’anarchie constatée dans la production automobile ont poussé le ministère de l’Energie et des mines à envisager une révision du cahier des charges régissant l’activité du montage, d’assemblage et de fabrication des véhicules.
D’ailleurs, le premier ministre, Abdelmalek Sellal n’a pas manqué d’évoquer -lors de la tripartite tenue le 6 mars dernier à Annaba- l’absence d’une vision industrielle claire pour certains projets, avant de rappeler jeudi dernier -à l’occasion de la visite en Algérie de son homologue français, Bernard Cazeneuve- que «la signature du projet de l’usine Peugeot sera précédée par la réévaluation de la situation d’industrie automobile en Algérie».
Des sources au ministère de l’Industrie ont souligné que la révision du cahier des charges se posait ces jours-ci avec acuité, et ce au lendemain de la mise en service de quatre (4) usines, dont l’usine Volkswagen implantée à Relizane dont la première voiture devrait sortir en juin prochain, en plus de celles de Renault à Oran et Hyundai et Mercedes à Tiaret.
Ce changement a pour objet d’augmenter le taux d’intégration, casser les prix des véhicules sur le marché national et la révision des avantages qui seront désormais tributaires du taux d’intégration.
Selon toujours nos sources, l’usine dont le taux d’intégration allant de 0 à 10% n’aura pas droit à l’avenir aux mêmes avantages que celle assurant un taux oscillant entre10 et 40%, en plus de la fabrication de la pièce de rechange localement tout en envisageant de se projeter sur l’exportation à l’horizon 2019.
A ce propos, l’expert en économie, Abderrahmane Mebtoul a affirmé que la fabrication automobile en Algérie était une activité toute nouvelle et qui n’est pas assujettie au règlement approprié.
Pour lui, la création des usines de montage automobile intervenait dans un contexte international extrêmement difficile, marqué par une domination de huit (8) marques mondiales.
De l’avis de Mebtoul, pour qu’elles puissent être lucratives, il va falloir produire entre 100 à 150.000 unités et ce à condition d’atteindre un taux d’intégration appréciable tel que souhaité par les autorités algériennes.
Il a estimé que les avantages fiscaux et les réductions d’impôt et de la TVA dont bénéficient des producteurs contre une faible intégration, étaient de nature à impacter négativement la balance commerciale dans la mesure où toute la pièce de rechange était importée de l’étranger. D’où la nécessité, soutient-il, de revoir ces avantages de sorte qu’elles obéissent au taux d’intégration assurée par chaque unité de production.
De son côté, le ministre de l’Industrie, Abdessalam Bouchouareb avait reconnu des insuffisances dans le secteur d’industrie mécanique, affirmant qu’ «il est tout à fait naturel que l’activité de la construction automobile rencontre des difficultés au départ…mais soyez-rassurés que le rêve de la voiture algérienne soit réalité».