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Bachir Yellès : « Boumediene a voulu réaliser le monument à Batna, Chadli l'a fait à Alger »

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Bachir Yellès, peintre figuratif algérien originaire de Tlemcen, né le 12 septembre 1921, a remarquablement contribué à la réalisation du Sanctuaire du martyr en 1982.

 

Bachir Yellès est une figure de proue dans l’histoire de la peinture algérienne contemporaine puisqu’il contribue à  l’indépendance de l’Algérie, d’une École des Beaux-Arts authentiquement algérienne et à l’essor de l’activité picturale en formant, durant deux décennies, des générations de jeunes peintres, architectes, céramistes, sculpteurs…. Il est également à l’origine de la fondation de la première association des arts plastiques en 1963 qu’il va présider à sa création.

Ses œuvres garnissent les collections en Algérie (Musée des Beaux-Arts d’Alger) et à l’étranger ainsi que les différentes ambassades d’Algérie à Paris, Washington, New York, Londres…

Parmi les réalisations les plus connues du grand public, citons : la conception du Monument d’Alger Maqqam E’chahid (Sanctuaire du Martyr), la crypte du Musée du Moudjahid, l’esthétique du Palais de la culture, l’horloge du Centre des Arts à Riadh El Feth, le portrait de Georges Marçais, la miniature de Ben Badis, la fresque qui orne l’ambassade d’Algérie à Paris ainsi que de nombreux timbres-poste (en particulier les séries sur les costumes, les tapis algériens et les artisans algériens).

Le Mémorial du Martyr ou Sanctuaire du Martyr (Maqqam E’chahid) est un monument aux morts surplombant la ville d’Alger, érigé en 1982  à l’occasion du 20e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie  (5 juillet 1962), en mémoire des morts de la guerre de Libération.

Le projet de construire un mémorial à la  mémoire des martyrs  de la guerre d’indépendance, est à l’origine une idée du président Houari Boumediène. Sa réalisation se fera cependant sous la présidence de Chadli Bendjedid, son successeur, à Alger.

Formé de trois palmes stylisées qui se rejoignent à mi-hauteur, ce monument en béton  construit par la société canadienne Lavalin, d’après une maquette réalisée à l’École des Beaux-Arts d’Alger sous la direction de Bachir Yellès, s’élance jusqu’à une hauteur de 92 mètres. Les trois palmes supportent, à 47 mètres du sol, une tourelle de style islamique d’un diamètre de 10 mètres et d’une hauteur de 25 mètres, surmontée d’un dôme de 6 mètres. L’ensemble repose sur une esplanade où brûle une « flamme éternelle » et recouvre une crypte, un amphithéâtre et un musée (le musée du Moudjahid) souterrains.

Bachir Yellès a dit que Boumediene a voulu à son époque réaliser un cimetière national à Batna, où devrait être réalisé ce monument historique. Yellès pense que l’ex-chef de l’ État Houari Boumediene a voulu concrétiser ce projet à Batna, car c’était  aux Aurès qu’a commencé la Guerre  de libération et que Boumediene était de cette wilaya historique.   

Le célèbre peintre algérien, Bachir Yellès regrette aujourd’hui le sort des artistes en Algérie. Il regrette d’ailleurs la non-présence d’aucun panneau ou une plaque au niveau du Sanctuaire du martyr portant son nom. Ce grand artiste ne cherche que la reconnaissance pour ne pas se retrouver dans l’oubli.   

 

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