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Baltaguiya : la recette magique utilisée par Moubarak pour rester au pouvoir

الشروق أونلاين
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Le président Hosni Moubarak est le militaire qui gouverne en Égypte avec une main de fer. Il a pratiqué la politique à travers un parti politique qui a gangrené le pays avec la corruption et le clientélisme durant trois longues décennies. Moubarak mérite d’être qualifié de leader “baltagui”.

 

«Baltaguiya »* est une pratique basse pratiquée par une personne qui agit contre la société. Cette pratique est devenue une tradition politique chez le régime de Moubarak. Elle est, en outre, une carte que fait ressortir le régime dans les occasions comme les élections ou lors des troubles, à l’instar de ce qui se passe actuellement à la place Tahrir (Libération) devenue le Hyde Park des Arabes. Après avoir échoué dans l’exploitation des nouvelles technologies comme les médias, l’Internet et les réseaux sociaux sur la Toile tels que Facebook et Twitter, Moubarak a décidé d’agir envers les Égyptiens avec violence qu’il a utilisée durant les trois décennies de son règne en ayant recours aux baltaguiyas. Ces derniers se sont introduits à cheval et en dos de chameau,  parmi les rangs et les groupes des manifestants et les ont roués de coups.  Ce fut un message du raïs à la foule qui réclamait son départ, mais aussi un message fort aux médias étrangers qui se sont rendus en Égypte pour couvrir les manifestants anti-Moubarak. Ces baltaguiyas habitués à la criminalité et souvent issus des quartiers populaires pauvres  ont attaqué les hôtels situés aux alentours de la place Tahrir et ont interdit d’y placer des caméras. Ils ont, en outre, tabassé  des centaines de manifestants pacifistes et des journalistes qui accomplissaient leur devoir d’information. La «baltaguiya» a joué un grand rôle entre le « Vendredi de la colère » et le « Vendredi du départ ». En effet, le régime de Moubarak l’a exploité pour semer la terreur parmi les manifestants qui réclament le départ du raïs, qui ne veut pas céder son «trône» qu’il occupe depuis plus de 30 ans. Le vendredi dernier, les services de sécurité ont reçu l’ordre de se retirer des rues et des places publiques pour permettre à ces «criminels» et les milices d’agresser les manifestants pacifistes. Quand Moubarak a déclaré dans son premier discours qu’il ne se portera pas candidat aux prochaines élections présidentielles, ceci était une sorte de feu vert donné pour les «baltaguiya » pour agresser les manifestants. La chaîne qatarie Al Jazeera a rapporté jeudi que le célèbre homme d’affaires égyptien, Mohamed Abou El Aynain, a été chargé du recrutement des ces « criminels ». Il aurait offert à chacun d’eux 5 000 livres égyptiennes  pour attaquer les manifestants anti-Moubarak sur des chevaux et des chameaux. La chaîne France 24 a montré, quant à elle, une vidéo d’un jeune baltaguiya, arrêté mercredi dans la place Tahrir. Ce trentenaire a affirmé que le ministère égyptien de l’Intérieur leur a donné de l’argent pour attaquer des manifestants au niveau de la place Tahrir. Un des hommes du régime égyptien a indiqué que des hommes d’affaires égyptiens ont engagé ces «baltaguiyas» pour réaliser leurs propres intérêts. Ceci est un aveu que le l’ancien gouvernement a toujours fait recours à ces derniers  pour imposer son jeu notamment durant les moments difficiles comme ceux que vit l’Égypte en ce moment.

 

*Les baltaguiyas sont en général des repris de justice, employés par la police pour exécuter, en civil, les plus basses besognes, affluent vers la bagarre, prêts à castagner.

 

baltaguiya : c’est imposer au gens une idée par la force. C’est terroriser et opprimer autrui. Il signifie également l’usage de la force pour réaliser un intérêt personnel.

 

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