Bavure de l'Otan : la rébellion libyenne réclame plus de communication
Au lendemain de la bavure de l'Otan qui a fait plusieurs morts, les rebelles ne demandent pas d'excuses mais plus de communication…
Des avions de l’Otan avaient ouvert le feu sur une colonne de chars rebelles, faisant deux morts et au moins dix blessés dont deux grièvement. C’est la deuxième fois que l’Otan tire sur des rebelles. Au lendemain de la prise en main des opérations par l’Otan, commandées jusque-là par la coalition internationale et les États-Unis, un de ses avions se croyant attaqué avait fait feu sur une colonne de voitures. En réponse au tir en l’air d’un des soldats qui exprimait sa joie à la vue des appareils alliés.
Le commandant en chef-adjoint de l’opération, Protecteur unifié, Russel Harding, avait refusé de présenter des excuses au nom de l’Otan jeudi. “Nous n’étions pas informés (du fait) que les forces du CNT (Conseil national de transition, représentatif des rebelles ) faisaient usage de chars”, avait-il argué. Et c’est là où le bât blesse. La rébellion libyenne ne veut pas d’excuses mais réclame seulement plus de communication. “Il semble qu’il y a eu une coupure dans les communications, peut-être due aux conditions sur le terrain, qui a fait en sorte que la position de nos tanks n’a pas été rendue claire à l’Otan”, a concédé le responsable de la rébellion.
“Le problème est qu’il n’y a aucun lien officiel” entre la direction militaire de la rébellion et l’Otan, a confié à l’AFP une source proche des diplomates occidentaux en contact avec la rébellion. “Il serait opportun d’avoir une équipe de l’Otan sur le terrain pour relayer la situation” ce qui permettrait “de réduire les risques d’incidents”.
Cette même source a précisé que des équipements de télécommunications devaient arriver à Benghazi pour permettre un lien entre les rebelles et une capitale européenne. Des messages qui seraient ensuite relayés à l’Otan. Plus d’un mois après le début de l’insurrection et une semaine après que l’Otan ait pris en main le commandement des opérations, sur place, les combats continuent et la situation humanitaire ne cesse de s’aggraver.