Benflis encense l’armée… et s’attaque au pouvoir
Les travaux du congrès constitutif de « Talaiou El Houriyet » pour son président, Ali Benflis ont débuté samedi 13 juin à l’hôtel Hilton à Alger sous le slogan « Union, Justice et Progrès ».
Ont pris part au congrès d’anciens chefs de gouvernement, à l’image de Belaïd Abdessalam, Mokdad Sifi, Ahmed Benbitour.
Plusieurs anciens ministres ont tenu à participer au congrès constitutif de « Talaiou El Houriyet », c’est le cas de Ahmed Attaf, ancien ministre des Affaires étrangères; Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Culture et de l’Information; nombre de représentants des partis de l’opposition constituant la CNLTD ainsi que d’anciens officiers supérieurs de l’armée que Benflis a cités au passage. «Il y a parmi nous aujourd’hui des officiers supérieurs de l’ANP, digne héritière de l’ALN», a déclaré Ali Benflis.
« L’armée a une place particulière dans le cœur des Algériens», a-t-il ajouté.
Lors de son allocution, Benflis a exprimé ses vives critiques à l’endroit du régime en place, les innombrables échecs du pouvoir, comme il a dressé un bilan noir sur la situation du pays, aux plans économique, social, politique…
L’ancien chef du gouvernement a également dit que le régime en place refuse le multipartisme et craint l’opposition estimant que « le pluralisme politique n’est entouré d’égards et encouragé que s’il est fait d’allégeance, de soumission et d’obéissance ».
A ses yeux, tout parti politique ayant une vision qui s’oppose à celle du pouvoir s’exposera aux intimidations et aux sanctions, ajoutant que le pouvoir en place a perdu sa crédibilité en termes de l’action et de la pratique politiques.
Par ailleurs, il a critiqué « le vide au sein des institutions résultant de la vacance du pouvoir », jugeant que « des forces anti-institutionnelles s’emparent des centres de décision en raison de la vacance du pouvoir… ».
« Voici l’image que recèle aujourd’hui le régime politique: gérer la vacance du pouvoir, maintien du statu quo, immobilisme pour que rien ne bouge, œuvrer par tous les moyens en faveur de la pérennité du système et le pire étant la préparation de faire du calque c’est de ne reculer face à rien », ajoute-t-il.
Le gouvernement Sellal a placé le pays dans une dépendance douloureuse et destructrice
Le candidat à la présidentielle d’avril 2014 a accusé le gouvernement Sellal d’avoir placé le pays dans « une dépendance douloureuse et destructrice », jugeant que « le régime en place a dépensé des sommes considérables à travers des plans de relance sans que rien en soit relancé ».
Au plan économique, il estime que l’Algérie n’a pas uniquement une seule économie mais des économies multiples, dont l’économie bureaucratique qui s’adapte à une économie qui n’a tiré de l’économie du marché et du libéralisme que les aspects les plus monstrueux, une économie formelle et une économie parallèle régularisée…
Refusant de répondre à Amar Saâdani qui l’accuse d’ingratitude, Benflis a adressé aux journalistes « n’attendez-vous pas de moi de parler des gens, car toutes mes préoccupations sont centrées sur les citoyens qui cherchent des solutions et des suggestions pour améliorer leurs conditions de vie et la construction d’une démocratie ».