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Benmeradi: «La bureaucratie à l’origine de la détérioration du tourisme en Algérie»

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Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Benmeradi.

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Benmeradi a révélé dans cet entretien que le ministère des Affaires étrangères a donné son aval pour faciliter l’octroi de visas aux touristes étrangers. Le ministre du Tourisme a également fait savoir que des discussions seront entamées avec le ministère de l’Intérieur afin d’alléger les mesures de sécurité dans le traitement des touristes qui optent pour l’Algérie et pour qu’ils ne sentent pas persécutés en les fouillant. En revanche, Mohamed Benmaradi a reconnu les mauvais services des infrastructures touristiques et que la bureaucratie et l’indifférence sont à l’origine de la détérioration du tourisme en Algérie et qu’en dépit des tarifs adoptés par Air Algérie, ses prix demeurent loin d’être compétitifs et non attractifs. L’ex-ministre de l’Industrie, a affirmé que son secteur perd annuellement 25 000 artisans lesquels fuient leurs métiers traditionnels pour s’investir dans le cadre de l’Ansej et autre Cnac.

 

 

Comment évaluez les atouts et les difficultés du secteur du Tourisme?

A mon avis, l’un des atouts du secteur du tourisme réside dans la réalisation de près de 746 projets d’une capacité d’accueil de 86 4474 lits, lesquels dégénèrent 40 000 emplois pour un coût estimé à 205 milliards de dinars.   La Commission chargée de l’approbation des projets et des programmes de tourisme a reçu au premier semestre de l’année en cours 139 demandes, dont 106 ont été approuvées, tandis qu’un autre 31 autres ont été reportées et deux seulement ont été rejetées. En outre, près de 25 000 artisans ont déserté les métiers traditionnels pour se lancer dans des projets accordés par l’Ansej et la CNAC.En revanche, de grands retards ont été enregistrés dans l’élaboration et l’approbation des Plan d’aménagement touristique (PAT), où 85% des projets touristiques en réalisation se situent en dehors de la Zone d’expansion touristique (ZET) et 98% des assiettes foncières dont disposent ces régions ne sont pas exploitées à ce jour.Les activités des agences de voyages, qui sont la base de l’offre touristique, sont toujours basées essentiellement sur ​​«l’exportation» des touristes algériens à l’étranger, en particulier lors de la saison du Hadj, mais elles restent réticentes quant au développement de leurs activités à l’échelle locale. Il est toutefois regrettable, que l’on enregistre la détérioration de l’environnement et l’absence d’hygiène qui pollue malheureusement nos villes, nos villages, nos oasis ainsi que nos sites touristiques.  

Près d’un million de touristes entre Algériens et étrangers ont visité l’Algérie fin l’année 2012. Ne trouvez-vous pas que ces chiffres sont en contradiction avec la réalité?

Les chiffres que nous communiquons, en effet, sont exacts car ils émanent des services de sécurité (police des frontières), mais nous ne voulons toutefois pas s’étaler sur les chiffres, car ce qui compte le plus pour nous actuellement, c’est de relancer le tourisme et de rattraper le manque en matière de capacités d’accueil et de former des ressources humaines qualifiées devant booster le secteur.  

Etes-vous intervenu auprès du ministère des Affaires étrangères pour faciliter l’octroi de visas aux touristes au niveau nos consulats?

Effectivement, des réunions sont tenues périodiquement entre les services du MAE et nos services au sujet des visas, dont plusieurs mesures ont été prises récemment à cet égard en l’occurrence.  Nous sommes en effet en contact permanant avec les servies du MAE qui nous ont donné leur aval pour faciliter la délivrance de visas au niveau de nos consulats à l’étranger. En plus de ces mesures, une proposition a été faite pour délivrer exceptionnellement des visas aux frontières.

Quels sont les risques qui entravent la relance du secteur du Tourisme?

Les risques sont connus en vérité, dont la rentabilité d’investissement qui est à long terme en plus des risques liés essentiellement au marché…Il y a, toutefois, des problèmes de nature conjoncturelle et sécuritaire, comme ce fut le cas en Egypte, et en Tunisie. Dieu merci, l’Algérie s’en sort bien et n’est heureusement pas concerné par le printemps qu’ont connu d’autres pays. Cependant, la situation au Sahel et l’attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine a affecté le secteur du tourisme en Algérie… Dans ce contexte, je dois dire qu’on compte alléger les mesures de secteur de sorte que le touriste ne sen sent pas être fouillé.   

Quelles sont les facilités accordées par Air Algerie en faveur du tourisme?

La compagnie aérienne, Air Algérie réduit actuellement ses tarifs de 50% pour les destinations vers le Grand Sud, et ce dans le cadre de la promotion du tourisme domestique. De plus, les agences qui négocient avec la compagnie  dans le cadre de la commercialisation des produits touristiques au profit des groupes, bénéficient généralement importantes ​​ réductions sur tout le réseau national. Je rappelle dans ce contexte, des réductions significatives obtenues par l’Office national algérien du tourisme (ONAT) sur les prix des vols vers la France de l’Algérie.

Qu’est-ce qu’a fait Air Algérie pour attirer les touristes?

L’évaluation du tourisme est soumise à des normes essentielles, y compris les visas et le système fiscal et le transport aérien, sachant que 65% des touristes voyagent en avion à travers le monde.  D’ailleurs, le problème du transport aérien en Algérie demeure uns sérieux problème, malgré les réductions offertes par la compagnie aérienne, et laissez-moi vous donner un exemple, le prix d’un visa de France pour venir en Algérie est à 50 euros, tandis que le prix d’un billet pour voyager de Paris à Agadir est de 20 euros seulement. En effet, pour être compétitif et promouvoir le transport aérien,  le Premier ministre a donné son accord de principe pour organiser des voyages “Chartres” vers l’Algérie dans des conditions propres à encourager les touristes de la visiter.

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