Benyounès à Echorouk News: « J’ignore les motifs de la lettre du général Toufik… ! »
Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès a affirmé que le président de la République assumait toutes ses prérogatives constitutionnelles.
Le fait d’accuser certains éléments de l’armée de bavures perpétrées durant la décennie noire serait de nature à exposer la sécurité du pays à des dangers, soutient Amara Benyounès.
Invité sur le plateau « Ici l’Algérie » d’Echorouk News jeudi, le secrétaire général du MPA a fait savoir que son parti refusait de s’exprimer sur la lettre du général Toufik car il ignore d’une part les motifs et qu’il s’agit d’un procès juridique d’une autre.
Pour sa famille politique, seul le président de la République est habilité de trancher sur ces dossiers jugés sensibles, d’autant qu’il s’agit d’une affaire sécuritaire dangereuse, affirmant que l’armée et les militaires ne sont impliquées ni de près ni de loin dans les actes terroristes commis par des criminels.
Par ailleurs, il s’est dit étonné par le fait que le limogeage de l’ex-patron du DRS et la désignation du général « Athmane Tartag » se transforme en une affaire d’opinion publique. « Y a-t-il un seul Etat au monde qui débatte des questions de services de renseignements sur les plateaux de télévisions?», s’interroge-t-il. A cet égard, Benyounès appelle tout un chacun à respecter les deux institutions, la Présidence et l’Armée, notamment dans cette étape sensible que connaît toute la région.
Sur le groupe « des 19-4 », l’ancien ministre du Commerce a estimé qu’il est de droit des signataires de demander une audience au président de la République et de douter de sa santé. Sur ce sujet, il réaffirme que Bouteflika jouissait de toutes ses capacités mentales, et c’est ce que lui-même avait constaté lors d’une réunion du Conseil des ministres.
«Le Président a décidé de mettre fin aux fonctions du général Toufik. Cette décision relève de ses prérogatives. Toutefois, je ne commente pas ses réunions et ses rencontres, dont la plupart se seraient déroulées en privé », soutient-il.
S’agissant de la LF 2016 contestée, le patron du MPA s’est dit qu’il n’imaginait pas que des articles soient adoptés à l’insu du président de la République, notamment ceux liés à la privatisation, en défiant l’opposition de citer un seul pays développé sans privatisation. « Inutile d’enfermer l’économie! Les petites et moyennes entreprises (PME) ne puissent s’épanouir dans le cadre de la règle 51-49. Nous ne pouvons non plus rester en dehors de l’OMC qui gère 97% du commerce international», insiste-t-il.
Dans le même sillage, Benyounès a insisté sur l’existence d’intention de vendre Sonatrach et les autres sociétés souveraines du pays étant donné l’Etat s’est engagé de poursuivre la politique sociale. Pour lui, le rachat de la totalité des actions du complexe d’El Hadjar après le retrait du partenaire indien qui a redoré l’image du pays à travers ses investissements, est une erreur stratégique commise par l’Etat contraint de sauver la suppression 6.000 emplois.
Par ailleurs, il a affirmé qu’il n’existait point de sensibilité entre lui et le ministre actuel d’Industrie, Abdessalam Bouchouareb au sujet de l’implantation de l’usine Peugeot.