Concours du magistère: 500 mille étudiants se disputent 7013 places
Les inscriptions aux différents concours de magistère se sont achevées, hier, dans les instituts et facultés, dans une ambiance d’anarchie et de protestations. Le nombre de candidats connaît en effet une hausse fulgurante. Certains ont fait la chaîne dès 8h30 du matin, et sont repartis l’après-midi bredouilles sans pouvoir déposer leurs dossiers.
- C’est la même ambiance qui a prévalu hier dans les différentes facultés et instituts alors que s’achevait le délai d’inscriptions au magistère.
- La colère des étudiants était palpable, particulièrement chez ceux qui n’ont pu déposer leur dossier en raison des interminables files d’attente notamment à la faculté du Caroubier et à la faculté de l’information et des sciences politiques. Les candidats rencontrés par Echorouk ont insisté sur la nécessité de prolonger la période des inscriptions. Un des étudiants en journalisme raconte qu’à 9h du matin, il a obtenu le numéro 209. Il a du attendre jusqu’à 14h pour pouvoir déposer son dossier d’inscription.
- Le nombre restreint des préposés aux bureaux des inscriptions a par ailleurs provoqué des bagarres au niveau de la faculté de l’information et de sciences politiques. La désorganisation administrative a découragé plus d’un, puisque de nombreux étudiants ont carrément abandonné l’idée de s’inscrire au concours du magistère.
- Les candidats au concours sont très nombreux par rapport au nombre de places disponibles en post graduation. A titre d’exemple, la faculté de l’information et de sciences politiques a enregistré 4200 inscriptions dont 3500 en journalisme, pour seulement 51 places !
- Au delà des démarches d’inscriptions, les étudiants sont sceptiques quant à la crédibilité du concours. Pour eux, avoir une place en post graduation nécessite des connaissances et de l’influence. Dans ce sens, un recteur de faculté hors de la capitale, qui a tenu à garder l’anonymat, a révélé que des personnes bien placées n’hésitent pas à proposer des sommes d’argent en contrepartie d’un diplôme pour leurs enfants ou pour eux-mêmes. A ce sujet, le coordinateur du syndicat du conseil des professeurs de l’enseignement supérieur Abdelmalek Rahmani estime qu’il n’y a pas de preuves tangibles contre des enseignants qui disposeraient ou fixeraient à l’avance la liste des lauréats. Il appelle dans ce sens l’administration à plus d’implication pour empêcher une quelconque fraude.
- La fraude, selon certaines associations estudiantines, réduit les chances de passage au magistère, mais également le nombre limité de places; c’est-à-dire 7013 pour un demi million d’étudiants.