Corruption au Parlement européen: le Maroc serait impliqué
Le Maroc aurait tenté d’infiltrer le Parlement européen. Des perquisitions ont été menées en Italie.
Francesco Giorgi, compagnon de l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili – elle aussi arrêtée, elle a demandé à ne comparaître que le 22 décembre –, est passé aux aveux, indiquait jeudi matin les quotidiens La Repubblica et Le Soir. Il a admis faire partie d’une organisation travaillant pour le Qatar, mais aussi le Maroc, peut-on lire dans les colonnes du Monde de ce jeudi 15 décembre. Il aurait aussi dénoncé le rôle de l’eurodéputé belge Marc Tarabella, chez qui une perquisition a été effectuée samedi, et qui nie avoir joué un rôle quelconque. Mme Kaili soutient, elle, qu’elle ignorait tout des fonds retrouvés chez elle et dans une valise que transportait son père. Le quatrième inculpé, Niccolo Figa-Talamanca, dirigeant de l’ONG No Peace Without Justice, est placé sous surveillance électronique et demeure mis en examen.
L’implication du Maroc dans le scandale a été confirmée à demi-mot, mercredi, par le ministre belge de la justice, Vincent Van Quickenborne. Il a indiqué que la sûreté de l’Etat – le service de renseignement – avait travaillé avec des « partenaires étrangers » pour étayer des soupçons de corruption « par différents pays ». Au départ, l’enquête mettant aujourd’hui en cause le Qatar aurait en réalité concerné le Maroc. Le ministre ne l’a pas cité nommément, mais il a sous-entendu que ce pays aurait tenté d’influer sur des droits de pêche négociés entre Rabat et l’Union européenne (UE) ainsi que sur la gestion du culte musulman en Belgique.