Covid-19: Tebboune ordonne le durcissement du contrôle sanitaire
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a ordonné lors de la réunion périodique par visioconférence du Conseil des ministres qu’il a présidé dimanche, le durcissement du contrôle sanitaire à travers le territoire national, suite à un exposé présenté par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid sur l’évolution de la situation sanitaire nationale liées au Covid-19, ainsi que sur les dispositions prises pour la juguler.
Le président Tebboune a également instruit le ministre concerné de se déplacer, si nécessaire, pour prévenir tout besoin que pourrait provoquer un “manque inadmissible” dans un hôpital ou autre en équipements médicaux, qui sont disponibles en quantités suffisantes au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), pour répondre à toutes les demandes.
Le chef de l’Etat a ordonné aussi le durcissement du contrôle dans certains hôpitaux qui seraient, selon des médias, en surcharge et où des cas de patients non pris en charge seraient enregistrés.
A ce propos, le président Tebboune a donné des instructions pour la mise à la disposition du ministère d’un avion spécial pour être sur les lieux à tout moment et s’assurer de la véracité des informations relayées ici et là.
La veille de la réunion du Conseil des ministres, le président de la République avait présidé une réunion du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad.
La réunion a été consacrée à l’évaluation de la situation sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 dans le pays, et l’examen de l’approche scientifique à adopter pour un déconfinement progressif suivant la situation dans chaque wilaya.
L’examen d’une éventuelle réouverture de l’espace aérien et des frontières terrestres et maritimes a été reporté à début juillet.
A l’issue de la réunion, Abdelmadjid Tebboune a installé les professeurs Kamel Senhadji à la tête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, Smail Mesbah au poste de vice-président de l’Agence et Elias Zerhouni, conseiller spécial à l’Agence nationale de sécurité sanitaire composée de personnalités scientifiques et d’experts hautement qualifiés.
Cette Agence fera office de conseiller scientifique du président de la République en matière de sécurité sanitaire et de réforme du système sanitaire national. Ses missions consistent principalement en la mise en place d’une stratégie nationale de sécurité sanitaire, de concert avec les structures concernées, et le contrôle de sa mise en œuvre, outre la coordination des programmes nationaux de prévention et de lutte contre les risques sanitaires.
A cette occasion, le président Tebboune a donné des instructions à l’effet de promouvoir le secteur de la santé à la hauteur des attentes des citoyens à un système développé garantissant des soins de qualité conformes aux standards internationaux.
Vendredi, lors de son entrevue périodique avec des responsables de médias nationaux, le président de la République avait affirmé que toutes les décisions qui concernent le confinement répondent à des considérations scientifiques et non politiques ou administratives, soulignant que le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus était le seul habilité à prendre de telles décisions, soulignant que le déconfinement total ou partiel était une décision du ressort dudit Comité.
« L’Algérie a lutté, de manière scientifique, contre cette pandémie depuis le début de sa propagation », et « nous serons à la disposition du Comité scientifique qui jouit d’un haut sens de responsabilité », a poursuivi le chef de l’Etat, précisant: « Tant que nous avons encore des décès et que la propagation de la pandémie demeure maîtrisée, nous ne procéderons pas à un déconfinement total ».
Le déconfinement total ou partiel vise « la préservation de la santé du citoyen », a-t-il souligné, rappelant que l’Algérie était parmi les premiers pays à avoir pris des mesures « préventives exemplaires », dont « la mise en quarantaine des étudiants algériens rentrés de Wuhan (Chine), l’équipement des aéroports en moyens de dépistage et de protection, puis la fermeture des universités, des aéroports, des établissements scolaires, des crèches et garderies, des mosquées et des stades », ainsi que « la fermeture des frontières terrestres de concert avec les pays voisins ».
Il a également été procédé à des tests même sur les cadavres des victimes de la Covid-19 afin de « prendre les mesures préventives qui s’imposent », en soumettant les sujets contacts des victimes à tests de dépistage, a-t-il ajouté, appelant les citoyens à « l’impératif respect des règles de prévention afin de juguler la pandémie, dont le port de masque et les tests de dépistage ».
Tebboune avait mis en avant la nécessité de promouvoir « la culture préventive » chez les citoyens, affirmant que « tous les chiffres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus sont précis et fournis de manière scientifique ».