Crise des médicaments : des opérations reportées, des malades agonissant et un ministère absent
Rien ne va plus dans le secteur de la santé en Algérie. En effet, ce secteur vital est confronté depuis plusieurs mois à beaucoup de problèmes qui empêchent son bon fonctionnement. En plus des grèves répétitives des médecins qui ont paralysé les hôpitaux du pays pendant plusieurs semaines, des milliers d’interventions chirurgicales sont reportées à l’échelle nationale à cause du manque flagrant de produits anesthésiants. Par ailleurs, le programme national de vaccination enregistre depuis deux ans des perturbations dues à la rareté des vaccins au niveau des établissements hospitaliers.
Les médecins sont confrontés quotidiennement à leurs patients à cause de multiples problèmes que connaissent les établissements hospitaliers, à commencer par le report de milliers d’opérations chirurgicales. En effet, en l’absence de certains produits de première nécessité, les médecins n’ont d’autres alternatives que d’ajourner les interventions chirurgicales.
« Face à la rareté des produits anesthésiants, nous sommes obligés de reporter des opérations chirurgicales. Cette situation catastrophique incombe entièrement à la passivité du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière qui ne fait rien pour trouver des problèmes aux problèmes posés », estiment les médecins. Outre l’inexistence des anesthésiants, un manque flagrant de vaccins est également enregistré. Ne trouvant des vaccins au niveau des structures sanitaires, les citoyens jettent leur dévolu sur les médecins, infirmiers et paramédicaux. Face à cette situation tout simplement catastrophique le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) a fait appel au président de la République pour « sauver » le secteur de la santé algérien. Le même syndicat estime que l’indifférence du ministère de la Santé face aux problèmes qui gangrènent le système de santé, aura des retombées désastreuses sur la prise en charge des malades. Ces derniers qui sont coincés entre un ministère qui ne fait rien pour leur venir en aide et des médecins incapables de les prendre en charge, souffrent le martyre.
« La gestion du secteur de la santé se fait à travers de vaines déclarations médiatiques du premier responsable du secteur de la santé, Djamal Ould Abbès », a déclaré à Echorouk le président du SNPSP, Lyes Merabet. Selon lui, des médecins, infirmiers, dentistes entrent quotidiennement dans des altercations verbales avec des malades et leurs familles à cause du manque de médicaments. « Quand nous demandons 5000 doses de médicaments, on ne reçoit que le dixième. Donc, nous ne pouvons pas satisfaire tous les malades », a-t-il expliqué. « Face à cette situation intenable, nous avons mené une enquête et avons établi un rapport détaillé sur le problème du manque des médicaments qui nous remettrons au président de la République.