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Des candidats critiquent le pouvoir le jour et lui tendent les bras le soir!

الشروق أونلاين
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Nombreux sont les partis de l’opposition qui véhiculent un discours politique montrant que les prochaines élections seront fermées, mais ils s’empressent à entrer dans une course où ils auraient à jouer le rôle de lièvres.

Ce discours identique est prononcé, en effet, par les présidents de partis et les personnalités aspirant à se représenter au prochain scrutin, en avançant tantôt l’option de participation tantôt le boycott.

En revenant aux expériences électorales, dont celles des législatives et locales de 2012, on constate que leurs positions ne sont destinées qu’à être consommées, dont l’hésitation et l’effet marquant à la veille de tout rendez-vous électoral, à l’exception bien entendu, de l’attitude audacieuse des 6 candidats à la présidentielle de 1999 qui s’étaient retirés de la course.

Nombreux sont ceux qui se souviennent de la guerre qui a éclaté à la veille des récentes élections législatives, lorsque l’opposition a critiqué vivement l’inscription des éléments de l’ANP sur des listes électorale des wilayas où ils exerçaient leurs fonctions, tout comme ils ont réclamé à ce que l’administration soit dessaisie de la prérogative d’organisation de ces élections pour une commission indépendante.  En revanche, ces mêmes voix qui s’élevaient la veille pour contester l’attitude de l’administration s’étaient rendues sur les urnes pour exprimer leurs voter, bien que le gouvernement ait rejeté toutes les propositions de la commission politique.

Un même scénario semble se reproduire à l’occasion de la prochaine joute électorale dont tous les ingrédients sont réunis, à commencer par l’appel du « groupe des 20 » pour exiger l’installation d’une commission indépendante pour surveiller les élections. Une revendication rejetée par le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz.

De ce fait, le gouvernement semble ferme en ne sent guère gêné par ces voix qui se disent campées sur leur position, en manifestant leurs craintes de voir ce scrutin si crucial pour l’avenir de la Nation émaillé de fraude, comme ce fut le cas lors des législatives de 1997, où l’Etat algérien a connu une fraude électorale à grande échelle qu’il n’a jamais vécu depuis l’ouverture politique dans  pays.

Le MSP, par la voix de son président, Abderrazak Makri semble non rassuré par la manière avec laquelle le pouvoir prépare la prochaine élection présidentielle, à commencer par le remaniement ministériel qu’il considère comme « un jeu fermé », affirmant que « l’option du boycott s’impose ». Outre le MSP, le patron du FJD, Abdallah Djaballah abonde dans le même sens en évoquant le boycott comme seule solution, mais selon des observateurs Djaballah ne s’est jamais retiré des élections, à l’exception de celles de 2009.  

Ennahda a, pour sa part, mis en garde contre « des élections fermées au profit du candidat du système», tout comme Menasra qui qualifie les prochaines élections de « jeu de domino fermé », au moment où Soufiane Djilali, président de Jil Jadid qui voit en la candidature de Bouteflika un jeu fermé.

A cet effet une question s’impose: les partis de l’opposition mettent-t-ils leurs menaces à exécution en boycottant ce scrutin et gâchant ainsi la fête au pouvoir en laissant son candidat seul en piste, ou décident-t-ils de participer à la dernière minute pour donner une légitimité au candidat du pouvoir?

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