Des experts critiquent l’intervention américaine en Libye
Les services de sécurité spécialisés dans la lutte antiterroriste, les forces de l’Armée nationale populaire (ANP), les gardes-frontières, la Gendarmerie nationale et les services de renseignements ont intensifié depuis lundi les opérations de contrôle et de fouille le long de la frontière avec la Tunisie et la Libye, a-t-on appris de sources bien informées.
Ces mesures prises par les autorités du pays coïncident avec les frappes aériennes américaines contre les positions de Daech à Syrte en Libye, à la demande du Gouvernement de l’union nationale que dirige Fayez Al-Sarraj.
Selon nos sources, ces mesures ont pour but d’empêcher les éléments de « Daech » de s’infiltrer à travers la frontière algérienne ou de commettre éventuellement d’attentats au sud algérien, sachant que ces derniers ont l’habitude de fuir leurs bases pour les pays voisins notamment lorsqu’ils se sentent cernés de toutes parts.
D’ailleurs, au lendemain des frappes américaines à Sabratha, plusieurs terroristes du groupe Daech ont fui pour la Tunisie où ils ont tenté créer un « émirat » à Ben Guerdane n’était la vigilance des services de sécurité tunisiens – en coordination avec leurs homologues algériens- ayant mis en échec le plan dudit groupe terroriste.
De l’avis de l’académicien libyen, Dr.Abdelaziz Aghnia, le territoire occupé par Daech à Syrte ne dépasse pas les 3 kilomètres et que les frappes que mène l’aviation américaine ont pour but essentiel de répandre le chaos en Libye et de transmettre un message aux pays voisins et à tous ceux qui veulent venir en aide aux Libyens que les grandes puissances sont présentes en Libye avec leur arsenal de guerre car le soutien profite à certaines forces libyenne au détriment d’autres.
Pour l’analyste, la guerre à Syrte pourrait durer longtemps si aucun accord politique n’est conclu à Tripoli, affirmant que le groupe terroriste pourrait recourir à des attentats kamikazes à Tripoli et dans les pays voisins surtout que bon nombre de ses combattants ont quitté Syrte avant que les avions américains ne bombardent le fief de ces derniers.
De son côté, l’expert Ahmed Mizab a indiqué à Echorouk que « Daech » aurait planifié depuis mai dernier d’envoyer ses combattants vers la frontière tuniso-algérienne et à l’ouest de la Libye, alors que les autorités algériennes ont pris des mesures susceptibles de sécuriser les frontières et de faire face aux éventuels pires scénarii.
Quant à l’intervention américaine à Syrte, Mizab a estimé que la bataille n’était pas décisive étant donné de nombreux combattants ont fui la ville et qu’il n’en reste que quelques uns pour défendre la capitale de Daech en Libye, tandis que d’autres sont déployés dans d’autres régions, dont Misrata, Sabratha en attendant des renforts du mouvement « Boko Haram » pour progresser vers d’autres villes du pays.