Disparition de Warda El-Djazaïria : adieu la diva
L’ Égypte a rendu hier un dernier hommage à l’icône de la chanson algérienne et arabe Warda El Djazaïria en présence massive des membres de la communauté nationale établie en Égypte.
La prière du mort avait été accomplie à la mosquée Salah-Eddine près de la résidence de la défunte, au Caire, en présence de l’ambassadeur d’Algérie et une foule nombreuse composée d’artistes, d’amis de la regrettée et des membres de la communauté nationale en Égypte avant que le cercueil recouvert des drapeaux algérien et égyptien ne soit conduit à l’aéroport. Le ministre égyptien de la Culture Mohamed Saber avait souligné que Warda « fait partie de l’ Égypte depuis le règne du président défunt Djamel Abdennacer et aussi de la génération qui a donné une véritable impulsion à notre âme arabe ». La diva, a-t-il ajouté, a joué un grand rôle dans notre vie tout comme elle a consacré les relations entre l’Égypte et l’Algérie. Mohamed Saber a présenté ses sincères condoléances aux peuples égyptien et algérien suite au décès de cette grande artiste. Dans un communiqué publié vendredi, le parti des Égyptiens libres a adressé ses condoléances aux peuples égyptien et algérien suite à cette disparition tragique affirmant que Warda a été tout au long de son parcours artistique « le parfait exemple » de l’artiste arabe engagé pour les causes de sa patrie et un modèle dans le respect de l’art raffiné qui a séduit des millions de personnes et relevé les valeurs et les sentiments nobles. Le Syndicat des musiciens égyptiens ainsi que les membres de la famille de Warda et de nombreux artistes organiseront vendredi prochain à la mosquée El Hamidia-Echadhilia une cérémonie en hommage à la défunte.
La disparition de Warda, une grande perte pour l’Art arabe
Les milieux artistiques égyptiens ont appris avec une grande affliction la disparition de la diva Warda El-Djazaïria considérée par les artistes égyptiens comme «une grosse pointure irremplaçable» et une «grande perte pour l’Art arabe». Par ses «œuvres immortelles», Warda séduira à jamais les mélomanes, selon les déclarations des artistes rapportées vendredi par les médias locaux. Hani Chaker qui s’est dit attristé par la disparition de Warda estime qu’il «s’agit d’une grande perte pour l’art, ses capacités vocales étant irremplaçables». Medhat Salah a, pour sa part, affirmé que «le monde arabe vient de perdre en Warda El-Djazaïria une valeur artistique inestimable». «La disparition de l’artiste Warda El-Djazaïria est une grande perte pour l’art arabe et égyptien», a estimé le musicien Ahmed Samahi. Pour l’artiste Mohamed Tharouat, Warda a édifié, le long d’un parcours riche et diversifié, une œuvre immortelle grâce à sa collaboration avec des grands de la trempe de Riad Sambati, Mohamed Abdelaouahab et Baligh Hamdi, son ex-époux, avec lequel elle a signé de véritables chefs-d’œuvre. «Warda a été une belle chose pour nous et son évolution sous la coupe des grands lui a permis de tenir tête aux sommités de l’époque comme Abdelhalim Hafez, et Farid El Atrach», a dit pour sa part la critique Majda Kheir Allah. La présidente de l’Opéra du Caire, Ines Abdeddaïm estime que la disparition de Warda est une grande perte. «La Diva nous a quittés mais son œuvre restera éternelle», a-t-elle affirmé.