Djiar à Echorouk: L’Égypte, une page tournée mais pas déchirée
Le rôle du ministre de la jeunesse et des sports est reconnu par tous lors des deux dernières rencontres de la sélection nationale de football contre son homologue égyptienne. Pas un seul instant, ni au Caire ni à Khartoum, El Hachemi Djiar n’a quitté les Verts, représentant par la même occasion un soutien moral pour les protégés de Saadane.Dans cet entretien accordé hier à Echorouk, le ministre revient notamment sur ce qu’il a vécu parmi les internationaux algériens et leurs supporters, ainsi que sur la campagne médiatique égyptienne de désinformation.
- Le ministre de la jeunesse et des sports salue d’emblée le patriotisme affiché par les joueurs et les supporters qui, en dépit de leur mésaventure du Caire, ont été les meilleurs ambassadeurs de l’Algérie et de son peuple. El Hachemi Djiar dément cette mauvaise image que l’on tente d’attribuer aux jeunes algériens: «J’ai été au quotidien témoin de leur comportement à Khartoum et j’ai été très content de voir comment ils se sont comportés avec leurs frères soudanais, malgré des conditions d’hébergement et de restauration difficiles, connaissant dès le départ aussi les moyens limités des soudanais en la matière. Nos supporters ont été compréhensifs et patients, je les salue personnellement car ils ont grandi à mes yeux, gagnant par la même mon estime».
- Dans l’avion qui transportait l’équipe nationale à Khartoum, Djiar a eu un mot pour chacun des joueurs en passant les voir un à un.
- La sélection nationale a été soumise à rude épreuve au Caire, avec des facteurs extra sportifs inimaginables.
- «Les joueurs ont pourtant résisté et ont pu conserver leurs chances de qualification en terre égyptienne en allant au match d’appui. Il n’était pas aisé d’oublier l’enfer vécu dans la capitale égyptienne, et il fallait être à leurs côtés pour leur remonter le moral. La démarche a payé avec la qualification au mondial arrachée au Soudan, et à laquelle ont contribué également les supporters, les joueurs, le staff technique et dirigeants ainsi que les responsables politiques».
- Revenant sur le patriotisme dont ont fait preuve nos joueurs au Caire et à Khartoum, le ministre a indiqué qu’il n’a jamais eu de doute sur ce sentiment car ils sont tout simplement algériens, avant tout.
- «Lorsqu’un algérien choisit de s’établir dans un autre pays pour une raison ou une autre, ça ne veut pas dire qu’il se départit de son nationalisme, bien au contraire, son amour pour son pays se renforce, ce que j’ai d’ailleurs pu constater personnellement lors de la période que j’ai passé avec les joueurs».
- Tous les joueurs ont dit au ministre qu’ils allaient relever le défi et qu’il n’y avait rien à craindre. «Après le match, j’ai vu que ces joueurs avaient tenu leurs engagements, et j’ai davantage de respect pour eux».
- El Hachemi Djiar saisit aujourd’hui l’occasion pour que ce degré de mobilisation soit maintenu. «En fait, je n’étais nullement surpris par le comportement qu’ont eu les jeunes algériens dans la capitale soudanaise. Je me suis déplacé dans les campements pour discuter avec eux, dans une atmosphère où l’esprit patriotique était palpable. Tous ont suivi à la lettre les orientations que nous avions données».
- D’autres défis sont à venir. D’abord la participation de l’Algérie à la CAN après deux absences consécutives à cette compétition continentale. Vu la difficulté qu’a le sélectionneur national à réunir tous ses joueurs, il ne faut pas, selon Djiar, mettre trop de pression sur la sélection nationale et la laisser travailler dans la sérénité. «Je pense que nous sommes en phase de constituer une forte équipe, d’autant que la plupart des joueurs sont jeunes et peuvent encore porter les couleurs nationales pour de longues années à venir. Je conseille de profiter de la CAN et du Mondial 2010 pour préparer les Verts à l’après cette période. Cela ne veut pas dire pour autant que nous n’aspirons pas à obtenir des résultats positifs à ces deux rendez-vous».
- Loin de la pelouse et de l’esprit sportif, la campagne égyptienne de désinformation se poursuit, contre l’Algérie et les algériens. Le ministre ne veut pas trop s’étaler sur le sujet. «Tous ont été témoins, y compris les médias étrangers, de ce qui est arrivé à la sélection nationale et à ses supporters au Caire. Et avec cela, nous avons continué à appeler les supporters qui se sont déplacés à Khartoum à faire preuve de responsabilité. Je suis fier d’eux car ils ont été à la hauteur de nos attentes».
- «L’Etat algérien refuse que la dignité des algériens soit touchée…Quoiqu’il en soit, nous sommes aujourd’hui tournés vers l’avenir, nous avons tourné la page, mais nous ne l’avons pas déchirée… J’espère que chacun reviendra à la raison. Les accusations proférées contre les algériens sont infondées. Avec ça, j’invite nos jeunes à répondre aux affabulations des chaînes satellitaires égyptiennes sur le terrain en participant sportivement à tous les matchs que nous aurons à disputer». Par ailleurs, Djiar estime que ce fair-play observé chez les algériens à Khartoum devrait être réédité dans nos stades lors des rencontres en championnat national.
- De nombreux jeunes sportifs veulent à présent se rendre en Angola pour soutenir les Fennecs. Le ministre explique franchement qu’il sera difficile de refaire l’expérience, car le pont aérien avec Khartoum était motivé par des circonstances exceptionnelles. « Nous allons quand même étudier la question. Ce qui est certain c’est que l’Etat algérien fera son possible pour assurer le transmission des rencontres de l’équipe nationale de football».