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Égypte/ Chute du dernier pharaon: Moubarak quitte le pouvoir après 30 ans de règne sans partage

الشروق أونلاين
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A 17 h, heure algérienne, le vice-président égyptien, Omar Souleïmane, annonce que le président égyptien, Hosni Moubarak, quitte le pouvoir à jamais. Cela intervient après 18 jours d'intenses manifestations, de protestation et d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Une explosion de joie sans précédent dans les rues égyptiennes a accueilli cette annonce.

 

 

« Moubarak quitte la présidence de l’Égypte et remet le pouvoir à l’armée », a annoncé en fin de journée le vice-président, Omar Souleïmane, lors d’une brève intervention à la Télévision nationale. Il a justifié cette décision par les conditions difficiles dans lesquelles est plongé le pays depuis le 25 janvier. Une explosion de joie a parcouru la place Tahrir au moment de l’annonce du départ de Hosni Moubarak.

Explosion de joie dans les rues égyptiennes

Des scènes de liesse se sont déroulées dans le centre du Caire, où des centaines de milliers de manifestants ont salué cette annonce aux cris de « Le peuple a renversé le régime! », scandaient les manifestants en délire, au 18ème jour de leur mouvement. Des millions de personnes en liesse sont descendues dans les rues des villes égyptiennes à l’annonce de la démission du président Hosni Moubarak. Le pays des pyramides est plongé dans une atmosphère de fête nationale: de nombreuses voitures arborent des drapeaux égyptiens, on tire des pétards et des feux d’artifice, les manifestants s’embrassent et dansent. La démission du raïs a été annoncée à la Télévision nationale par le vice-président égyptien Omar Souleïmane. Le pouvoir a été transmis au Conseil supérieur des forces armées.

Le départ de Moubarak, meilleure nouvelle entendue  par les Égyptiens depuis 30 ans

Le président Hosni Moubarak, chassé vendredi par la rue après dix-huit jours d’une contestation populaire sans précédent, a gouverné l’Égypte sans partage pendant trois décennies. Jeudi, le président Hosni Moubarak avait pourtant refusé, de quitter son poste acceptant simplement de transférer ses pouvoirs au vice-président jusqu’aux prochaines élections prévues en septembre. Cette annonce est intervenue peu après celle du départ du raïs et de sa famille pour Charm El-Cheikh, dans le Sinaï égyptien. Cet homme de 82 ans, qui avait érigé la stabilité de son régime autoritaire en dogme, s’était accroché au pouvoir ces deux dernières semaines malgré un mouvement populaire d’une ampleur croissante lancé pour dénoncer les maux de son règne: chômage, pauvreté, corruption, libertés étouffées, violences policières. Mais ses multiples annonces pour tenter de calmer la rue, dont celle qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la présidentielle de septembre, ont été vaines: ses détracteurs ont continué de réclamer son départ immédiat. Durant ses années au pouvoir, aux multiples appels en faveur d’une ouverture du système, il a opposé régulièrement le spectre d’une déstabilisation catastrophique du plus peuplé des pays arabes (plus de 80 millions d’habitants).

  Tantaoui à la tête du Conseil suprême des forces armées

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui est âgé de 75 ans, dirige le Conseil suprême des forces armées qui assume désormais le pouvoir en Égypte à la suite de la démission vendredi de Hosni Moubarak. Né le 31 octobre 1935, il est entré dans les forces armées en 1956. Ministre de la Défense et de la Production militaire depuis 1991, le maréchal Tantaoui a accédé en 1995 au rang de commandant général des forces armées.Alors que la contestation battait son plein, Hosni Moubarak l’avait en outre promu au poste de vice-Premier ministre le 29 janvier. Mais le remaniement des structures du pouvoir n’avait pas suffi à calmer la rue égyptienne. De la crise de Suez en 1956 à la guerre des Six-Jours (1967) puis à la guerre du Kippour (1973), Mohamed Hussein Tantaoui a participé à trois guerres contre Israël. Son passé militaire et son ancienneté font de lui un possible prétendant à l’élection présidentielle, même si certains spécialistes de la politique et de l’armée égyptiennes pensent qu’il ne jouit que d’un soutien limité parmi les hommes de rang.  En attendant, la gestion des affaires publiques égyptienne est entre ses mains, et celles du Conseil suprême des forces armées que dirige Tantaoui..

 

 

 

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