France: censure de la loi pénalisant la négation du génocide arménien
Le Conseil constitutionnel français a censuré mardi la loi pénalisant la négation du génocide arménien en 1915, à l’origine d’une crise diplomatique entre Paris et Ankara, jugeant qu’elle était contraire à la liberté d’expression, a annoncé la juridiction.
“Le Conseil a jugé qu’en réprimant la contestation de l’existence et de la qualification juridique de crimes qu’il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l’exercice de la liberté d’expression et de communication”, selon un communiqué du Conseil.
La Turquie a accueilli avec “satisfaction” la décision du Conseil constitutionnel, selon le porte-parole de sa représentation diplomatique à Paris joint par l’AFP. Une “grave crise” a été évitée entre la France et la Turquie, a affirmé de son côté le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç sur son compte Twitter
La loi, définitivement adoptée par le Parlement le 23 janvier, était soutenue par le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis le 1er février un nouveau texte en cas de censure constitutionnelle.
Portée à l’Assemblée, le projet de loi avait déclenché la colère des Turcs, leur Premier ministre Recep Tayyip Erdogan y voyant “une montée de l’islamophobie et du racisme en Europe”.
Aux termes de la loi, toute négation publique d’un génocide reconnu par la loi française était érigé en délit punissable d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende. La France reconnaît deux génocides, celui des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale et celui des Arméniens, mais ne punit jusqu’à présent que la négation du premier.