France: Élisabeth Borne n’exclut pas le recours à l’état d’urgence après la mort de Nahel
Des pillages, échauffourées et dégradations de bâtiments publics ont à nouveau eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi dans de nombreuses villes de région parisienne et de province après la mort, mardi à Nanterre, de Nahel, un mineur de 17 ans tué par un policier, depuis mis en examen et écroué pour homicide volontaire. Plus de 660 personnes ont été interpellées. Emmanuel Macron va présider une nouvelle cellule de crise vendredi à la mi-journée.
Élisabeth Borne n’exclut pas le recours à l’état d’urgence
“Toutes les hypothèses” vont être examinées avec le président pour rétablir “l’ordre républicain”, a affirmé vendredi la Première ministre, Élisabeth Borne, en visite à Évry-Courcouronnes (Essonne).
Interrogée à propos de l’éventuelle instauration de l’état d’urgence, la Première ministre a répondu : “Nous examinerons toutes les hypothèses avec le président de la République.”
Borne et Darmanin au commissariat d’Evry-Courcouronnes pris pour cible jeudi soir
La Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin se sont rendus vendredi matin au commissariat d’Evry-Courcouronnes pour constater les dégâts et rencontrer les forces de l’ordre. Selon une source policière, l’hôtel de police a été la cible de jets de projectiles et de tirs de mortiers dans la nuit.
La Première ministre devrait ensuite participer à une nouvelle cellule interministérielle de crise convoquée vendredi à 13 h à Paris par Emmanuel Macron, alors que des ministres s’interrogent sur l’instauration de l’état d’urgence comme le réclament avec insistance la droite et de l’extrême droite à instaurer l’état d’urgence.
Une cellule de crise mise en place à Paris
Une cellule de crise a été mise en place à Paris, a annoncé la maire de la capitale Anne Hidalgo vendredi matin. “Une fois encore, nous intervenons pour nettoyer et réparer. Nous sommes mobilisés aux côtés des Parisiennes et des Parisiens pour surmonter cette nouvelle crise”, explique-t-elle dans un tweet.
Cette nuit a été marquée par des violences et des dégradations. Je les condamne fermement et sans réserve, j’en appelle solennellement au calme et au retour du dialogue.
l’Île-de-France va débloquer 20 millions d’euros pour aider à réparer les bâtiments publics
La région Île-de-France va débloquer 20 millions d’euros pour aider à réparer les bâtiments publics détruits ou endommagés par les émeutes, a annoncé Valérie Pécresse vendredi matin. “Face à l’ultraviolence qui détruit écoles, mairies, commissariats et désespère les habitants des quartiers populaires, la Région répondra présente”, a promis la présidente de région dans un tweet.
La Republique ne reculera pas !
Face à l’ultra violence qui détruit écoles, mairies, commissariats et désespère les habitants des quartiers populaires, la region répondra présente.
De nombreux dégâts recensés à Paris
Pillages, incendies, tirs de mortiers d’artifice… Plusieurs boutiques du centre-ville de Paris, dont l’une dans le quartier des Halles, ont été vandalisées jeudi soir. Quatorze personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris (PP), dont certaines gares du Nord avec des objets volés. Rue de Rivoli, une artère du centre de la capitale, 16 personnes ont été interpellées avec des sacs, des chaussures et des vêtements dérobés dans un magasin. Dans la nuit, la préfecture de police a fait état de 61 interpellations uniquement dans la capitale.
Une vingtaine de lignes de bus RATP restent interrompues
Une vingtaine de lignes de bus de la RATP ne circulent pas vendredi matin en région parisienne. L’ensemble du réseau de surface (bus et tramways) avait l’obligation de s’interrompre à 21 h jeudi soir en raison des émeutes qui secouent la France et le trafic a commencé à reprendre à partir de 6 h 30, toujours selon la RATP. À 9 h 30, 23 lignes de bus sur 350 restaient cependant interrompues. “Les plus grosses difficultés sont dans les secteurs autour de Nanterre et Pantin”, a précisé l’entreprise.
Pour le réseau de tramways, “l’exploitation a repris progressivement ce matin mais avec des nombreuses difficultés dues au contexte sécuritaire local et aux dégâts sur les infrastructures”, a expliqué la RATP. Les lignes T2 et T5 restent complètement fermées et un grand nombre de lignes sont “en fonctionnement partiel”.