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Frontière algéro-marocaine: des discussions à haut niveau pour sa réouverture

الشروق أونلاين
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Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Tayeb El Fassi El Fahri, a indiqué que des discussions à haut niveau et dans différents domaines sont en cours entre le Maroc et l’Algérie. Le ministre marocain a parlé de canaux de communication ouverts avec l’Algérie,dans la perspective de rouvrir les frontières entre les deux pays. Le ministre a indiqué, par ailleurs, que les responsables gouvernementaux se rendront visite mutuellement .

 

Tayeb El Fassi El Fahri n’a toutefois, pas donné plus de détails sur ces contacts. « Il y a des canaux de communication avec l’Algérie et nous sommes actuellement prêts à accueillir les membres du gouvernement algérien comme premier pas. Il y a une volonté de part et d’autre pour échanger les visites au niveau des gouvernements des deux pays prochainement », a indiqué El Fahri, lors de son passage sur les ondes de la  Chaîne I de la Radio marocaine. Pour rappel, une visite du chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, a été annulée en 2005. Ce pas a été qualifié à l’époque par l’Algérie de comportement non fraternel. Le ministre  a regretté le maintien de la fermeture des frontières entre les deux pays. Selon lui, cela empêche l’Union maghrébine(UMA) qu’il a qualifiée d’élément essentiel pour l’Union pour la Méditerranée (UPM). « L’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie est aujourd’hui une nécessité », a-t-il indiqué, tout en expliquant que le Maroc a demandé officiellement et à plusieurs reprises la réouverture de la frontière, mais l’Algérie a refusé à chaque fois cette demande marocaine. Pour rappel, la frontière entre les deux pays a été fermée en août 1994, suite aux attentats de Marrakech qui avaient vu le gouvernement marocain accuser l’Algérie d’en être responsable. Plus grave, le Makhzen avait même décidé d’instaurer le visa pour les ressortissants algériens désireux se rendre au Maroc, d’où l’application d’une mesure réciproque par Alger. Par la suite, ces accusations se sont avérées infondées. L’Algérie estime que la réouverture de la frontière avec le Maroc représente un danger car cela va conduire à l’entrée sur son territoire d’armes et de drogues en plus des pertes économiques. En effet, la contrebande de carburant et de produits alimentaires subventionnés par l’ État algérien portera une grande atteinte à l’économie nationale. Avant de rouvrir la frontière, l’Algérie exige des garanties de la partie marocaine. En plus de cela, elle demande de laisser la question sahraouie suivre son cours conformément aux résolutions des Nations Unies. Soulignant, par ailleurs, qu’Alger est convaincu que le projet de l’Union du Maghreb Arabe ne peut aboutir sans un assainissement global de tous les dossiers restés en suspens ces dernières années entre l’Algérie et le Maroc. Dans un autre contexte, Tayeb El Fassi El Fahri a regretté ce qui s’est passé en Tunisie. « Si l’UMA était en place, ce qui s’est passé en Tunisie ne se produirait pas », a-t-il dit à cet effet. L’Agence de presse marocaine a accusé à la veille du 22ème anniversaire de la création de l’UMA, l’Algérie de nager à contre-courant en refusant de rouvrir sa frontière. Selon certains observateurs, le Maroc demande la réouverture des frontières algéro-marocaines pour des raisons purement économiques liées à la stagnation économique à l’Est du royaume. Cette stagnation est due à l’absence de touristes et commerçants algériens (environ 1,5 million) qui autrefois faisaient les beaux jours de l’économie de la région Est du Maroc..

 

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