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Gabon: l’épouse franco-gabonaise d’Ali Bongo incarcérée

Echoroukonline
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AFP
La Première Dame du Gabon Sylvia Bongo Ondimba au Stade de l'Amitié Sino-Gabonaise à Libreville, le 14 janvier 2017.

L’épouse franco-gabonaise de l’ex-président du Gabon Ali Bongo était en résidence depuis un coup d’Etat militaire fin août. Sylvia Bongo Ondimba Valentin a désormais été incarcérée à la prison centrale de Libreville, pour des détournements présumés de fonds publics.

Elle avait été inculpée notamment de « blanchiment de capitaux et de faux et usages de faux » le 28 septembre.

Elle a été « incarcérée provisoirement » jeudi à 1 heure du matin, au terme d’une nouvelle longue audition par un juge d’instruction, a assuré son avocate Me Gisèle Eyue-Bekale, selon 20 Minutes. Cette dernière a sollicité et obtenu un renvoi pour une audience dans dix jours, laquelle lui permettra de « plaider la remise en liberté ».

Enquête pour des détournements massifs d’argent public

L’ex-Première dame est au cœur d’une enquête plus vaste sur des détournements massifs d’argent public en compagnie de son fils Noureddin Bongo Valentin, déjà incarcéré comme six de leurs proches, ex-responsables du cabinet présidentiel, selon des sources judiciaires concordantes.

Les militaires qui ont renversé Ali Bongo en accusant son entourage d’avoir truqué sa réélection, soupçonnaient publiquement l’ex-Première dame et Noureddin d’avoir « manipulé » l’ex-président souffrant des séquelles d’un grave AVC en 2018, et d’avoir été les « véritables » dirigeants de facto du pays depuis cinq ans. Noureddin Bongo est en prison depuis le premier jour du coup d’Etat, inculpé notamment de « corruption » et « détournements de fonds publics ».

La « dynastie Bongo »

« Tant qu’il y aura une différence entre la justice et l’arbitraire, entre le droit et la vengeance, nous dénoncerons cette procédure illégale », a commenté de Paris Me François Zimeray, l’avocat français de Sylvia Bongo. Dans la nuit du 30 août, moins d’une heure après l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, l’armée, invoquant une fraude évidente, mettait « fin au régime » accusé aussi de corruption massive. Le général Brice Oligui Nguema, leader du putsch, était proclamé le surlendemain président de la Transition.

Plus d’un mois après, le général Oligui, qui a promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections mais sans en fixer l’échéance, reste adulé par l’immense majorité de la population et de la classe politique qui applaudissent les militaires pour les avoir « libérés » de 55 ans de « dynastie Bongo ». Ali avait été élu en 2009 à la mort de son père Omar Bongo Ondimba, qui dirigeait le pays depuis plus de quarante et un ans.

L’ancien président « manipulé »

Ali Bongo avait été placé en résidence surveillée le jour du putsch mais déclaré libre de ses mouvements une semaine après. Les militaires ont semblé le mettre rapidement hors de cause considérant qu’il était « manipulé » par son épouse et leur fils. Depuis, Ali Bongo préfère rester au Gabon chez lui, affirme le nouveau pouvoir.

La nuit même du putsch, Noureddin Bongo ainsi que plusieurs de ses jeunes proches et proches de sa mère au sein du cabinet présidentiel avaient été arrêtés et montrés au pied d’innombrables malles, valises et sacs débordant de billets de banque pour des centaines de millions d’euros saisis à leurs domiciles. « La première dame et Noureddin ont gaspillé le pouvoir d’Ali Bongo », assénait le 18 septembre le général Oligui. « Parce que depuis son AVC, ils ont falsifié la signature du président, ils donnaient des ordres à sa place », en plus « du blanchiment d’argent et de la corruption ». « Qui dirigeait le pays » alors ?, se demandait-il.

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