Ghardaïa boycotte la campagne électorale
Au moment où Ghardaïa est plongée dans des violences inter-communautaires ayant fait neuf morts et plusieurs centaines de blessés entre les berbères mozabites et les arabes chaâmbas, le scrutin présidentiel semble se dérouler sur une autre planète.
La ville de Ghardaïa a exceptionnellement boycotté la campagne électorale qui épuise son quatrième jour, où toutes les salles de conférences sont restées fermées, les panneaux d’affichage vides, alors que les autorités se sont contentées de publier les posters des six candidats seulement dans deux rues sises au centre-ville.
Les traces des violences sont encore visibles, commerces vandalisés, boulangeries fermées et ce après que le calme s’est de nouveau instauré dans la ville. Les commerçants n’ont pas en effet répondu aux appels du comité de coordination et de suivi les incitant à reprendre leurs activités mais, ce qui a incité le comité à inviter encore une fois les commerçants à regagner leurs commerces après une légère amélioration de la situation sécuritaire.
Les habitants de la Vallée de Beni M’zab se sentent délaissés lors de leur deuil, chose qui a renforcé leur mépris face au rendez-vous électoral. En effet, les panneaux devant accueillir les portraits des candidats retenus pour la course à El Mouradia sont presque inexistants. La ville demeure triste et les rideaux de la plupart des magasins baissés, les rues sont désertes, mis à part les policiers qui quadrillent la ville ce qui donne l’impression que la participation au vote est timide.