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Habib Essid: «L’Algérie est notre modèle dans la lutte antiterroriste»

الشروق أونلاين
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D.R
Habib Essid, chef du gouvernement tunisien

Le nouveau chef du gouvernement tunisien, Habib Essid a répondu, sans protocole, aux questions que lui a posées Echorouk. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Habib Essid est revenu sur les relations bilatérales entre l’Algérie et la Tunisie, soulignant que deux dossiers jugés importants seront au centre des débats, celui de l’économie et celui de sécurité. Sur ce dernier, il estime que des résultats positifs ont été réalisés en matière de la lutte contre le terrorisme.

Comme à l’accoutumée, tout responsable tunisien réserve sa première visite officielle en dehors du pays à l’Algérie. Vous aussi en tant que chef de gouvernement, vous ne dérogez pas à la règle, pourquoi?

La visite entre dans le cadre de la coopération entre les deux pays frères, dont les relations sont très solides et très anciennes. Partant de ce principe, rien ne semble étonnant du fait que tous les responsables tunisiens, à commencer par le président Essebsi, les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, Najem Gharsalli et Tayeb Bekouche ont effectué leur premier déplacement en dehors du pays en Algérie. Cette première visite que j’effectue en Algérie a pour but de renforcer les relations excellentes entre les deux pays, resserrer les liens de fraternité entre les dirigeants et les peuples des deux pays pour être hissées au plus haut niveau qu’elles le sont aujourd’hui. Je rappelle une autre fois que nos relations sont très solides.  

Quels dossiers allez-vous évoquer lors de votre visite de deux jours en Algérie?

La visite sera centrée essentiellement sur deux dossiers importants: celui de renforcer l’économie ainsi que la sécurité.   En effet, ils revêtent une grande importance pour les deux pays. Pour la Tunisie, la lutte contre le terrorisme est la priorité des priorités du gouvernement, dont la coopération entre les deux pays contre le risque de ce phénomène prévisible en est la preuve. C’est pourquoi il a fallu coordonner la coopération bilatérale de sécurité entre  les deux pays. Nous sommes persuadés qu’aucun pays au monde n’est en mesure de lutter seul contre le terrorisme, car cela exige un travail interne, régional, voire une coopération internationale.

Ne pensez-vous que la coopération entre les deux Etats se limite à lutte contre le terrorisme?

Je ne pense pas qu’il soit juste de réduire la coopération entre les deux pays au plan sécuritaire et à la lutte contre le terrorisme. Si cela s’avérait correct, plusieurs domaines de coopération devraient être exclus, dont ceux ayant trait à l’aspect humain, culturel, social et civilisationnel… Pour revenir à ta question, la coopération tant au plan sécuritaire qu’économique constitue une priorité pour les deux pays, car il n’est pas possible de créer un espace économique ou d’investissement en l’absence de la sécurité. Monter des usines dans les deux pays obéit à certaines conditions, dont la sécurité demeure la plus importante. Ce qui explique la nécessité de combattre les résidus du terrorisme.

Cette coopération consiste-t-elle à former des unités de sûreté tunisiennes en Algérie?

La coopération doit en effet s’étendre à la formation, car ce sera important pour l’institution sécuritaire et militaire. Cela m’amène à parler de l’expérience algérienne dans la lutte contre le terrorisme qui devrait nous servir comme modèle à suivre pour faire face à l’extrémisme et le terrorisme.

Les leaders politiques en Tunisie sont-ils satisfaits des résultats réalisés au plan sécuritaire?

Le gouvernement tunisien a dressé une série de priorité, dont la lutte contre le terrorisme qui devrait être longue. Mais, nous n’allons pas reculer quel que soit le prix à payer. La situation est sous le contrôle des services de sécurité. Pour preuve, plusieurs réseaux ont été démantelés. Je confirme que le gouvernement est déterminé d’aller jusqu’au bout dans sa lutte contre le terrorisme. Je profite l’occasion pour rendre hommage à nos unités militaires, notamment celles qui sont concernées par la lutte antiterroriste pour leurs efforts et les résultats réalisés.

Evoquer le risque sécuritaire nous invite à penser à la situation qui prévaut en Libye. Cela ne vous perturbe-t-il pas?

La situation est catastrophique en Libye, ce qui préoccupe tant la Tunisie que l’Algérie, voisins de la Libye. C’est pourquoi il y a une coopération et une concertation entre les deux pays sur ce dossier lié intimement à leur sécurité intérieure. A cet égard, il est à rappeler le rôle qu’a joué l’Algérie pour une sortie de crise en Libye, en parrainant le dialogue interlibyen, précédé par la réception de personnalités influentes en Libye.   

Portés disparus en Libye depuis plusieurs mois, disposez-vous d’informations sur les des deux journalistes tunisiens, Sofiène Chorabi et Nadhir Ktari?

Nous suivons leur cas de tout près. Récemment, une délégation judiciaire s’est rendue en Libye pour s’enquérir de leur dossier. Nous poursuivons nos recherches afin de les retrouver.

Vous dites les retrouver, sont-ils toujours en vie?

Il n’y a pas de signaux clairs là-dessus. Cependant, il y a des pistes à suivre, et dès qu’on aura la certitude sur leur cas, on l’annoncera. 

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