Hanoune: «Certains de mes partisans ont voté pour Bouteflika»
La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune a annoncé que Bouteflika était plébiscité, pour la première fois lors des élections du 17 avril dernier, «par le peuple algérien de manière claire et franche, et révélé qu’une bonne partie de ses partisans aient donné leurs voix à Bouteflika, le candidat de «la stabilité et la réconciliation», selon elle, comme elle a innocenté l’administration de toute forme de fraude au profit du président réélu.
Se faisant porte-parole de Bouteflika, la secrétaire générale du PT a consacré une bonne partie de son allocution lors d’ouverture vendredi des travaux du bureau politique son parti à El Harrach pour défendre Abdelaziz Bouteflika et expliqué les raisons ayant poussé les Algériens à voter pour l’ex-candidat sortant et se déchaîner contre « le candidat perdant » Ali Benflis qu’elle accuse d’œuvrer à « terroriser les Algériens et à mener le pays vers le chaos et le sang ».
« Pour la première fois, Bouteflika est plébiscité par le peuple de manière claire, franche pour contrecarrer les doutes, les dépassements, les menaces et l’intervention étrangère. De par leur vote le 17 avril, les Algériens se disent contre le chantage », lance-t-elle en se faisant avocate de Bouteflika.
Quant à sa nette régression lors de ce rendez-vous, Louisa Hanoune tente de se justifier en avançant comme argument qu’une bonne partie de ses partisans, travailleurs, retraités, femmes et jeunes ont « donné leurs voix à Bouteflika pour réserver la sécurité et la paix du pays». En outre, elle dit ne pas être du tout dérangée par ce choix de ses électeurs, d’autant que ce qu’il porte le plus pour elle, selon ses dires, c’est bel et bien le choix des Algériens pour la stabilité, la réconciliation, la paix et pour sortir l’Algérie des menacent qui la guettent. « Le 17 avril, nous avons évité le chaos, l’effusion de sang et aux Algériens de s’entretuer suite au discours de peur, de menaces et d’intervention étrangères », enchaîne-t-elle.
Par ailleurs, elle n’a pas nié le fait d’avoir fait augmenter le taux des voix recueillies par Bouteflika. « Nous avons influé en vérité, car nous nous étions adressés aux cerveaux et aux consciences d’assumer la responsabilité et les mettons en garde de plonger le pays dans la violence et le sang », juge-t-elle en expliquant avoir mené une campagne plutôt politique qu’électorale. En prenant compte de ce qu’elle avance, on déduit qu’elle « a accompli une mission en faveur d’un candidat au détriment d’un autre ».
Hanoune n’a pas manqué encore une fois de s’attaquer à Ali Benflis qu’elle définit comme « candidat de la droite », estimant que les Algériens ne lui ont pas donné leurs voix car il a prononcé tout au long de sa campagne un discours de peur et de menaces. « Le plus important pour moi, c’est que les voix de mes électeurs n’étaient pas données au candidat de la droite qui s’est engagé à supprimer la règle 51/49 pour permettre le pillage des fonds et de la devise et d’aller vers un découpage administratif à base du régionalisme… les électeurs ont sanctionné celui qui les menace et les fait peur », poursuit-elle.
En vérité, Hanoune ne s’était pas contentée de défendre uniquement Bouteflika car elle a tenu à défendre, voire à innocenter l’administration de la fraude. En effet, elle a nié l’existence de fraude que Benflis accuse l’administration d’une « fraude généralisée en faveur de Bouteflika », accusant en revanche Benflis alors chef de gouvernement d’avoir recouru une « fraude scientifique lors des législatives de 2002 ». « L’administration a agit de manière convenable cette fois », estime-t-elle tout en s’attaquant à la coordination pour la transition démocratique et toutes les propositions appelant à une période de transition, dont elle traite le fait de « coup d’Etat contre la souveraineté du peuple ».