Hommage à la pensée anticolonialiste de Frantz Fanon
De « Peaux noires, masques blancs » aux « Damnés de la terre », Frantz Fanon, « penseur et homme d'action n'a cessé de décrypter les formes et les conséquences des structures idéologiques d'asservissements et d'assujettissements du colonialisme », écrit l'hebdomadaire français « Politis » en hommage à ce militant de la liberté né en Martinique et enterré en Algérie.
Dans une tribune, à l’occasion du centenaire de la naissance de ce psychiatre, membre du Front de libération nationale, (FLN) qui deux ans après le déclenchement de la guerre de libération choisit son camp, celui, des peuples colonisés, Politis, rappelle que « ce militant des causes justes a su formuler les aspirations profondes des combats des peuples du Tiers monde qui se sont dressés contre un système capitaliste, et colonisateur ».
Frantz Fanon est un grand homme qui a marqué l’histoire de l’Algérie, du tiers monde et de l’humanité toute entière. Il était une personne exceptionnelle qui avait une grande fibre nationaliste et qui a lutté contre la colonisation. Il était parmi les plus grands militants tiers-mondistes. Ayant des convictions ferme et un grand esprit de militantisme, il a écrit une lettre à Léopold Senghor alors président du Sénégal lui demandait s’il était possible de venir au Sénégal pour servir ses frères sénégalais qui vivaient dans des conditions très difficiles. Mais Senghor ne lui a pas répondu. A ce moment il a eu une affectation du ministère français qui l’a envoyé à Joinville (Blida), à cette époque là, il avait à peine 28 ans.
Frantz Fanon ne connaissait pas l’Algérie, mais quand il est venu et pris son poste en tant que psychiatre à l’hôpital de Joinville, la première chose qu’il a remarquée, c’est que le traitement des malades n’était pas le même entre musulmans et français. Les arabes et musulmans étaient mis dans un coté et les français et européens dans un autre. Il y a ce qu’on appelle une séparation de régime, une sorte de racisme médical. Frantz fanon était quelqu’un qui bouillonne, il avait une grande flamme de nationalisme, ainsi il s’est révolté contre ces méthodes là et il a tenté de les combattre. Il était contre l’isolement des malades de leur environnement socioculturel. Quand il traitait les musulmans, il tenait toujours en compte les dimensions religieuse, sociale et culturelle des malades. En replaçant le malade don son environnement algérien et il a obtenu des résultats assez importants.
Frantz fanon a écrit trois grandes œuvres. « Peau noire, masques blancs » (1952), « l’an V de la révolution algérienne », (1959) ainsi que « les damnés de la terre », (1961). Ce dernier a été traduit à plus de 30 langues. Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d’Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Editions François Maspero, le livre « Les Damnés de la terre » a connu un destin exceptionnel. Il a servi – et sert encore aujourd’hui – d’inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d’un tiers monde révolutionnaire porteur d’un « homme neuf restent un grand classique du tiers-mondisme, l’œuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon.