Intellectuels algériens et marocains refusent de compromettre l’avenir des deux peuples
Universitaires et intellectuels algériens et marocains ont critiqué l’état où se trouvent actuellement les relations entre les deux pays, et refusent le fait que les « deux peuples frères » soient otages des calculs des deux régimes algérien et marocain.
De plus, ils ont tenu pour responsables les intellectuels et l’élite politique des deux pays pour ne pas avoir lancé d’initiatives devant atténuer la tension politique qui a compromis tout rapprochement entre les deux pays voisins.
« Depuis des décennies, les relations officielles entre nos deux pays, Algérie et Maroc, ne cessent de se dégrader de plus en plus. Sans doute, il y a derrière ça des causes, à savoir les effets du colonialisme, où l’aspect autoritaire caractérise le système de gouvernance adopté après l’Indépendance ainsi que l’absence des initiatives indépendantes des intellectuels et de la société civile des deux pays. Nous constatons qu’à chaque fois qu’il y ait des signes de rapprochement entre les deux pays, un autre fait s’impose pour les avorter!», est-il mentionné dans le communiqué signé par 80 universitaires, intellectuels, journalistes et artistes, à leur tête l’enseignant de sciences sociologiques à l’Université d’Alger 2, Zoubir Arous.
La détérioration des relations entre Alger et Rabat a atteint son paroxysme, lorsque des manifestants marocains ont arraché et profané l’emblème national au niveau du Consulat général algérien à Casablanca. L’incident a eu lieu au lendemain d’un discours acharné Mohamed VI contre l’Algérie ainsi que le rappel de l’Ambassadeur du Maroc en Algérie pour consultation.
Côté algérien, les autorités algériennes ont exigé des excuses officielles des autorités marocaines et d’êtres associées à l’enquête judiciaire ouverte suite à la violation de la représentation algérienne à Casablanca.
Les signataires du communiqué affirment dans une requête, dont Echorouk détient une copie, que la prospérité des peuples passe par l’édification d’un espace maghrébin stable marqué par une coopération commune. « Les relations historiques, culturelles et sociales entre les deux peuples algérien et marocain sont les plus forts liens qui peuvent réunir deux peuples », a ajouté le communiqué.
Les intellectuels algériens et marocains ont demandé aux autorités et à l’élite des deux pays à cesser d’enflammer les deux peuples, œuvrer à régler les questions en suspens avec sagesse et dans l’intérêt commun des deux pays et de résoudre la question sahraouie en se référant aux résolutions de l’ONU.