Interpol alerte les compagnies aériennes sur les faux passeports
Interpol a appelé, mardi 7 juin, les compagnies aériennes à établir sans délai une banque de données internationales des passeports afin de prévenir de nouveaux actes terroristes semblables aux attentats du 11-Septembre 2001.
“Vous devez créer une banque de données qui rassemble les informations sur les voyageurs à travers le monde”, et qui contiendra les numéros des passeports volés, a-t-il déclaré.
Noble a rappelé que l’un des auteurs des attentats du 11-Septembre 2001 avait pénétré sur le territoire américain avec un passeport dérobé. Mais il a regretté que les compagnies aériennes soient réticentes à partager des informations sur l’identité de leurs clients.
ACCUEIL MITIGÉ
“Ce problème existe depuis 1993 et, l’an dernier, un demi-million de passagers ont pu voyager sur des vols internationaux sans que leur passeport ne soit passé au crible”, selon lui. “L’industrie devrait s’en inquiéter mais elle ne semble pas le faire”, a ajouté le secrétaire général de l’organisation basée à Lyon (France).
La proposition d’Interpol a reçu un accueil mitigé des représentants des compagnies membres de l’IATA. “Je ne suis pas en faveur du ‘profilage'”, a déclaré l’un d’eux à M. Noble, en soulignant que les organisations violentes pouvaient avoir recours à des personnes non répertoriées sur les listes noires comme “mules”.
Elyezer Shkedy, P-DG de la compagnie israélienne El Al, a défendu l’initiative d’Interpol, en précisant qu’il ne s’agissait pas, pour les sociétés, “de partager toutes les informations” sur leurs clients, mais seulement celles nécessaires “à lutter contre le terrorisme”.
“Il s’agit d’un problème global et pour lutter dans le monde entier, vous devez effectuer des contrôles”, a-t-il ajouté. Basée à Genève, l’IATA représente 230 compagnies qui assurent plus de 90 % du trafic mondial.