Israa al-Mudallal, la nouvelle voix du Hamas
Le Hamas a nommé, début novembre, une jeune femme trilingue au poste de porte-parole en charge des médias étrangers. Signe que le mouvement islamiste, isolé sur la scène internationale, souhaite afficher une image plus ouverte.
Elle est le nouveau visage du Hamas. Journaliste, écrivain et trilingue, Israa al-Mudallal, 23 ans, a été nommée, dimanche 3 novembre, porte-parole en charge des médias occidentaux du mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Israa al-Mudallal s’adressera aux journalistes étrangers en anglais, une langue qu’elle parle depuis sa plus jeune enfance. La jeune femme a grandi au Royaume-Uni, où son père poursuivait ses études, avant de revenir dans son pays avec, en poche, un diplôme de l’université Grange Technology College à Bradford.En nommant pour la première fois une femme à ce nouveau poste, le Hamas affiche clairement sa volonté d’afficher une image plus ouverte à l’Occident. La jeune femme, qui assure ne pas être membre du Hamas, entend s’exprimer au nom “de tous les Palestiniens”. Elle prévoit en outre d’apporter une approche “plus humaine” dans le discours du mouvement islamiste. “L’Occident ne comprend pas le discours religieux de la même façon que le discours humain”, a-t-elle indiqué au quotidien panarabe basé à Londres, “Asharq Al Awsat”.La nouvelle voix du Hamas, qui dit “tout apprendre sur les médias américains, occidentaux, et israéliens”, est aussi en train d’apprendre l’hébreu. Si le Hamas ne reconnaît pas Israël et l’État hébreu, qui considère ce mouvement comme une organisation terroriste, Israa al-Mudallal affirme ne pas être réfractaire à communiquer avec les médias israéliens. “Si on m’en donne la permission, je n’ai personnellement pas de problème”, indique-t-elle.Le mouvement islamiste s’est retrouvé boycotté, aux niveaux financier et diplomatique, par la communauté internationale depuis sa victoire surprise aux législatives de 2006. Dans la bande de Ghaza, où la population peine à faire face à une pénurie d’essence et d’électricité, depuis que l’armée égyptienne a condamné les tunnels de contrebande de Rafah.