“J’ai peur qu’elle fasse une bêtise”: la tante de Nahel s’inquiète pour la santé mentale de sa sœur
La tante maternelle de Nahel -tué mardi dernier par un policier à Nanterre- s’est dit inquiète pour la santé mentale de sa sœur dévastée après la mort de son fils unique de 17 ans.
Hatifa, 47 ans, a estimé que “le racisme et les discriminations au sein de la police doivent cesser”, ajoutant que “les policiers ne savent plus quoi faire et rejettent leur frustration sur les jeunes”.
“Le racisme et les discriminations au sein de la police doivent cesser”
Pour sa tante, Nahel était un adolescent sans histoire, mais plein d’ambitions. Elle se souvient de lui comme d’un “nounours affectueux”, qui aimait écrire des paroles de rap dans son temps libre et qui était “dévoué” à sa mère.
“On savait que la mort de Nahel aurait un impact, mais pas à ce point. Je pense qu’il y a des foules de protestations parce qu’il y a beaucoup de mères qui, comme ma sœur, en ont assez d’avoir peur tout le temps”, estime la mère de quatre enfants, selon BFMTV.
La tante de Nahel veut croire que la disparition de neveu ne sera pas vaine. “J’espère que la mort de Nahel va susciter une forme de changement qui fera que ça ne se reproduira plus”, dit-elle.
“En fin de compte, un adulte a tué un bébé par balle”, résume-t-elle.
“Je n’ai pas toutes les réponses pour mettre fin (à cette situation). Le racisme et les discriminations au sein de la police doivent cesser”, estime-t-elle, ajoutant que “les policiers ne savent plus quoi faire et rejettent leur frustration sur les jeunes”.
“Ça doit s’arrêter, les jeunes n’aiment pas la police, la police devrait nous défendre, pas nous attaquer”, clame-t-elle.
“Ce serait un désastre si, après tout ce qu’il s’est passé, rien ne change et que (le policier) s’en sort librement”, souligne-t-elle.
“J’ai peur qu’elle fasse une bêtise”
Après l’enterrement de Nahel samedi dernier et “l’immense chagrin” causé par sa mort, Hatifa s’inquiète désormais pour la santé mentale de sa sœur Mounia et mère de l’adolescent, qui avait appelé à une marche blanche jeudi dernier.
“Ma sœur s’est entièrement concentrée sur son fils, son fils unique. J’ai peur qu’elle fasse une bêtise quand elle sera confrontée à la solitude, une fois que tout se sera calmé”, souffle-t-elle.