Français

Juppé : “C'est un triste jour pour le peuple syrien”

الشروق أونلاين
  • 805
  • 0

Moscou et Pékin ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité contre la répression des manifestations en Syrie.

L’échec de l’ONU à condamner Damas, à la suite d’un véto russe et chinois, est “un triste jour pour le peuple syrien” et “pour le Conseil de sécurité”, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, en réfutant l’argumentaire de Moscou et Pékin.

“La France, avec ses partenaires, a tout tenté pour proposer au Conseil de sécurité un texte fort mais qui puisse répondre aux préoccupations de tous. Certains ont décidé de mettre leur veto. C’est un triste jour pour le peuple syrien. C’est un triste jour pour le Conseil de sécurité”, a-t-il déploré dans un communiqué. “Le Conseil de sécurité ne pouvait rester silencieux face à la tragédie syrienne. Il devait s’élever contre un dictateur qui massacre son peuple et cherche à étouffer l’aspiration légitime des Syriens à la démocratie”, a insisté Alain Juppé.

“Ces votes sont fondés sur de mauvais arguments”

La Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant le régime syrien de “mesures ciblées” en réponse à la répression sanglante des manifestations. Neuf pays ont voté pour la résolution. L’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil et le Liban se sont abstenus, en raison, selon Alain Juppé, du prévisible veto russe et chinois. “Ces votes sont fondés sur de mauvais arguments. On ne peut pas dire que le projet de résolution aurait pu ouvrir la voie à une intervention militaire comme la 1973 (pour la Libye). Rien dans ce texte ne se prête à cette interprétation”, a souligné Alain Juppé. “On ne peut pas accepter, comme nous le demandaient la Russie et la Chine, de mettre sur le même pied un régime répressif et une rébellion qui pour l’essentiel se bat aujourd’hui à mains nues”, a ajouté le ministre, en n’excluant pas “de reprendre des initiatives au Conseil de sécurité”. “Nous ne laisserons pas tomber ceux qui se battent en Syrie pour la liberté”, a-t-il insisté.

Le ministre a enfin souhaité que le nouveau Conseil national syrien, qui réunit l’opposition, “s’élargisse à toutes les sensibilités syriennes, et notamment à la minorité chrétienne”. La France avait salué lundi la formation la veille du Conseil national syrien, qui réunit tous les courants d’opposition, sans aller jusqu’à en faire son seul interlocuteur légitime pour remplacer Bachar el-Assad, appelé depuis l’été par les Occidentaux à quitter le pouvoir.

مقالات ذات صلة