La Bosnie refuse d’accueillir des algériens détenus à Guantanamo
Un des trois algériens libérés récemment de la prison de Guantanamo, Mustapha Ait Idir, a révélé hier que le ministre des affaires étrangères bosniaque Sven Alkalaj s’est spécialement déplacé en Algérie pour régler la situation de ces anciens détenus et leur permettre de rentrer en territoire national.
- L’ancien détenu a déclaré à Echorouk que les algériens récemment relaxés n’ont cessé de s’enquérir auprès du Consulat algérien en Bosnie de leur sort et qu’ils ont auparavant été informés de la visite effectuée en début de semaine par le ministre bosniaque des affaires étrangères en Algérie et sa rencontre avec son homologue Mourad Medelci.
- Cette visite vise à aplanir les difficultés que risquent de rencontrer les ex “pensionnaires” de Guantanamo lorsqu’ils voudront venir voir leurs familles en Algérie, précise notre interlocuteur, avant de poursuivre « nous n’avons aucunement été inquiétés à notre retour en Bosnie, bien au contraire. Nous sommes en passe d’établir de nouveaux passeports ».
- Mustapha Ait Idir a par ailleurs évoqué les problèmes qu’il a rencontré pour sa réinsertion dans la vie sociale. Il explique qu’il travaillait avant dans les technologies de la communication, mais vu son absence de sept ans et le développement rapide et ininterrompu du secteur, il lui faudrait un recyclage.
- La Bosnie-Herzégovine a accueilli, il y a environ deux mois trois algériens, ex détenus à Guantanamo, accusés de tentative d’attaque contre les ambassades britannique et américaine en Bosnie, mais refuse en revanche de recevoir trois autres algériens qui devraient quitter prochainement la base cubaine arguant qu’ils ne possèdent pas la nationalité bosniaque contrairement aux trois premiers.
- La France a, elle, donné son accord de principe pour les recevoir, d’autant qu’ils ont été innocentés des faits qui leur étaient reprochés.
- Pour le ministre algérien des affaires étrangères, Mourad Medelci, il faudra examiner la situation de ces algériens au cas par cas. « Ce sont des Algériens mariés à des Bosniaques, qui ont des enfants et qui sont dans leur seconde patrie, la Bosnie-Herzégovine », a-t-il souligné tout en ajoutant que s’ils souhaitent venir en Algérie, ils seront les bienvenus.
- Le chef de la diplomatie algérienne n’a pas fourni autres détails, précisant qu’il n’avait pas engagé avec son homologue bosniaque des négociations sur cette question et qu’il y avait eu uniquement “échange d’informations”.