La contestation des policiers se poursuit
Des dizaines d’agents de police en tenue réglementaire ont défilé à Alger en guise de solidarité avec leurs collègues à Ghardaïa, tout en exigeant l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles.
Sous une pluie battante, 1 300 agents de police relevant des Unités républicaines de sécurité ont marché jusqu’au Palais du gouvernement en réclamant d’être reçus par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.
Parallèlement à la contestation des policiers dans la wilaya de Ghardaïa, plusieurs voix se sont élevées pour demander à faire preuve de sagesse ainsi que pour satisfaire les revendications socioprofessionnelles des agents relevant du corps de la Sûreté nationale.
Omettant leurs casquettes, les policiers suivis de véhicules de police ont marché de Bordj El Kiffan au Palais du gouvernement en passant par Belcourt. Les agents ont refusé de faire de déclaration à la presse.
Toutefois, un des leurs a indiqué que leur mouvement de contestation a pour but de manifester leur solidarité avec leurs collègues de Ghardaïa qui contestent contre les actes de violence, dont ils sont victimes ainsi que pour l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles.
Selon nos sources, il s’agit des agents de police relevant des Unités républicaines de sécurité qui devraient être mutés à Ghardaïa. Ceux-ci ont exigé de la protection et de la sécurité, sachant qu’ils déplorent une dizaine de blessés après les émeutes qui ébranlent ladite wilaya depuis plusieurs mois.
En effet, la tentative du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh de s’entretenir avec les contestataires a essuyé un échec, car ces derniers ont réclamé une rencontre avec le ministre de l’Intérieur en personne.
Le rassemblement des policiers devant le bureau de Tayeb Belaïz s’est poursuivi jusqu’à 18 heures.
Belaïz ordonne la prise en charge des revendications des contestataires
Le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz a eu une rencontre mardi soir avec des représentants des policiers en colère qui ont observé un sit-in devant le siège de la sûreté de wilaya à Ghardaïa.
Selon les premières informations en notre possession, Belaïz et Abdelghani Hamel ont ordonné de prendre en charge en urgence les revendications des protestataires, en l’occurrence celles liées à l’amélioration de leurs conditions de travail, les salaires, la révision du système de permanence, etc.
«Les policiers entendent apporter leur solidarité et leur soutien à leurs collègues de Ghardaïa, afin que cessent les agressions contre les forces de l’ordre dans cette wilaya qui connaît des émeutes récurrentes», a déclaré à l’APS, le commissaire divisionnaire Djilali Boudalia, directeur de la communication à la DGSN.
Makri: “La marche des policiers, une première dans l’histoire du pays”
Pour Abderrazak Makri, président du MSP, la manifestation des policiers en signe de solidarité avec leurs collègues de Ghardaïa constitue un danger et une première dans l’histoire du pays.
Interrogé sur les événements de Ghardaïa, Makri a dit qu’ils n’avaient rien à voir avec les conflits au sein des rouages du pouvoir.
Le PT interpelle Bouteflika à intervenir
Le Parti des travailleurs (PT) a interpellé le président de la République à intervenir pour prendre en charge en urgence les revendications socioprofessionnelles des fonctionnaires de la Sûreté nationale qu’il juge «démocratiques et légitimes».
Le PT a noté dans un communiqué qu’il suivait avec prudence les développements résultant du mouvement de contestation des policiers de Ghardaïa, en exprimant sa solidarité avec leur « contestation » contre les conditions pénibles auxquelles ils sont confrontés depuis des mois à Ghardaïa.