Un mois après la destitution du premier président démocratiquement élu d’Égypte, par le général
Abdelfattah al-Sissi, ministre de la Défense et président du Conseil suprême des forces armées, un mémoire de 11 pages dont il est l’auteur a été rendu public sur Internet aux États-Unis par Judicial Watch, organisation américaine dédiée, entre autres, à la surveillance des activités du gouvernement américain.
“La démocratie au Moyen-Orient”, écrit en 2006 à l’issue du passage d’Al-Sissi à l’École de guerre américaine, en Pennsylvanie, n’évoque jamais spécifiquement l’Égypte (encore à l’époque dirigée par l’autoritaire Hosni Moubarak). Mais l’écrit en dit long sur la personnalité du nouvel homme fort du Caire, et sur les liens troubles qui l’unissent au président déchu, le 3 juillet, issu de la confrérie des Frères musulmans, Mohamed Morsi.”Aux premières heures de la démocratie, aux États-Unis, la religion a joué un rôle important et a fondé les valeurs de la Nation américaine. Au Moyen-Orient, l’approche n’est pas vraiment différente, excepté le fait que l’Islam y est la religion dominante. Il est donc logique de présumer qu’une forme démocratique de gouvernement serait fondée sur ces croyances”, écrivait alors le général al-Sissi. “Idéalement, dans leur pratique du pouvoir, les corps législatif, exécutif, et judiciaire devraient tous prendre en considération les croyances islamiques”.