La diplomatie sauvera-t-elle Gaza ?
De nombreuses démarches diplomatiques sont entreprises en ce moment pour arrêter les massacres que commet Israël contre la population palestinienne de Gaza. Ces démarches manquent toutefois de fermeté, elles sont lentes à aboutir alors que le bilan macabre lui augmente en flèche.
- L’Égypte reste malgré elle au cœur du processus diplomatique où les délégations internationales continuent à défiler.
- Les délégations égyptienne et du mouvement palestinien Hamas se sont rencontrées au Caire pour discuter du plan égyptien. Les discussions sont qualifiées de “bonnes” par une source officielle égyptienne alors que le Hamas tient à préciser que les discussions avaient certes progressé mais sur des points secondaires, pas sur les questions les plus “sensibles”.
- L’Egypte et Hamas partagent toutefois la même position au sujet de tout déploiement d’une force internationale. Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a indiqué que des Casques bleus ne seront pas postés côté égyptien de la frontière gazaouie dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu avec Israël. Le Hamas a déclaré considérer toute force étrangère sur son sol comme un ennemi à combattre.
- L’Egypte s’attèle à arracher un cessez-le-feu à Gaza mais tient à ce que la future éventuelle trêve soit assortie de garanties et d’un mécanisme de surveillance sur “la sécurisation des frontières”, en particulier la fin de la contrebande d’armes alimentant le Hamas, ce qu’exige Israël, et “l’ouverture des points de passages frontaliers et la levée du siège” dans la bande de Gaza, comme le réclament les Palestiniens.
- L’émissaire du Quartette pour le Proche-Orient lui parait confiant en assurant, après son entrevue avec le président égyptien Moubarak, que le cadre général d’un accord de cessez-le-feu avait été déterminé et que les efforts en cours visaient à régler les détails de cet accord.
- De son côté, La diplomatie européenne continue d’”être impliquée” dans cette tragédie qui frappe Gaza et le chef de la diplomatie espagnole qui doit se rendre mardi à Damas, rencontrera son homologue égyptien Ahmad Aboul Gheit et le secrétaire général de la ligue arabe, Amr Moussa. Pour quel résultat ?
- Pour arrêter la machine de guerre israélienne, l’ONU n’a rien pu faire, paralysée par son manque de volonté, accentué par Washington. Et l’on attend les fruits de la résolution, adoptée à Genève par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui “condamne vigoureusement l’opération israélienne” dans la bande de Gaza. Ce texte prévoit notamment la mise en place d’une “mission internationale indépendante” d’enquête chargée de faire la lumière sur les violations des droits de l’homme commises “par la puissance occupante, Israël, contre le peuple palestinien”.
- Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad et son homologue soudanais Omar el-Béchir ont examiné les efforts des pays arabes pour arrêter les “massacres barbares” israéliens dans la bande de Gaza, selon l’agence officielle Sana. Ils préconisent une position commune et urgente des pays arabes et l’intensification des efforts en collaboration avec la communauté internationale pour l’arrêt de l’agression israélienne contre Gaza. Une position unifiée, c’est entre autres objectifs que se fixe justement une réunion extraordinaire des ministres arabes des Affaires étrangères sur la situation à Gaza. Ce rendez-vous aura lieu vendredi à Koweït, annonce le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
- Et d’ici vendredi, combien de morts viendront s’ajouter à l’interminable liste écrite par Israël ?