La France encense sa coopération avec l’Algérie en matière de sécurité et de lutte antiterroriste
La coopération sécuritaire semble être au beau fixe, par la faveur d’une convergence de vues concernant un ennemi commun qui s’appelle Al Qaida au Maghreb islamique –AQMI- et qui risque d’embraser toute la région du Sahel. Ainsi, pour le ministre de la Défense Hervé Morin, la coopération en matière de renseignement « avec nos amis algériens » qui sont « extrêmement mobilisés dans la lutte contre le terrorisme », reste un des éléments positifs des relations algéro-françaises.
Le ministre de la Défense français Hervé Morin, a encensé en long et en large la coopération sécuritaire et militaire avec l’Algérie, malgré tous les aléas qui marquent les relations politiques, très affectées depuis quelques années par une série de divergences de vues, notamment concernant la récurrence de l’affaire des moines trappistes, le dossier du diplomate Hassini, qui avait empoisonné les relations bilatérales pendant plus d’une année, la reconnaissance des crimes de guerre commis pendant l’époque coloniale, les divergences concernant le dossier du Sahara Occidentale et l’appui de Paris à un plan d’autonomie marocain ou encore le fait d’être inscrite par la France sur la liste des pays à risque pour les transports aériens, pour ne citer que les affaires les plus pointues.
Toutefois, la coopération semble être au beau fixe, par la faveur d’une convergence de vues concernant un ennemi commun qui s’appelle Al Qaida au Maghreb islamique –AQMI- et qui risque d’embraser toute la région du Sahel. Ainsi, pour le ministre de la Défense Hervé Morin, la coopération en matière de renseignement « avec nos amis algériens » qui sont « extrêmement mobilisés dans la lutte contre le terrorisme », reste un des éléments positifs des relations algéro-françaises.
Cité par l’AFP, le ministre de la Défense Hervé Morin ne lésine pas sur les mots pour encenser Alger, et la France insiste pour démontrer à quel point elle considère l’Algérie comme un acteur incontournable dans la région maghrébine et saharo-sahélienne. « On en est à une relation stabilisée : cela ne se détériore plus, mais il reste des obstacles » , explique à l’AFP le président de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée Axel Poniatowski.
“L’Algérie a AQMI chez elle. Dans la région, c’est le pays le plus puissant, le plus riche, le plus grand », considère Jean-François Daguzan, alors que pour Kader Abderrahim, chercheur de l’Institut des relations internationales et stratégiques, « le régime algérien a les moyens d’agir, l’envergure diplomatique et l’expérience militaire ».
Il ne s’agit pas là d’un revirement de la part de Paris, mais d’une réelle volonté de sa part de dépasser les obstacles politiques pour aller à l’essentiel : libérer ses cinq otages retenus au Mali par AQMI. La dernière opération française dans la région, qui a consisté en un raid aérien contre des positions avancées d’AQMI, s’est soldé par un cuisant échec : l’otage n’a pas été libéré, le raid a provoqué une réaction sanglante : l’exécution de l’otage Michel Germaneau, et Sarkozy est rentré à Paris bredouille. Pire encore : le jour même du communiqué sonore de la revendication du rapt des cinq Français enlevés au Niger, trois autres Français sont enlevés au Nigéria. De ce fait, le président Sarkozy aura besoin de l’Algérie et de beaucoup de chances encore pour sortir indemne du bourbier sahélien, dans lequel il semble s’être enlisé. La base militaire implantée provisoirement au Niger, avec un appoint d’une centaine de militaires de haut rang, d’agents de la DGSE et de troupes d’élite risque d’être plus encombrante encore avec la possibilité d’être elle-même soudainement attaquée par une multitude de groupes armés qui gravitent autour.
L’Algérie, allié puissant du Mali et du Niger, dépositaire des accords d’Alger pour les groupes armés rebelles des deux pays, partenaire de premier ordre concernant la lutte contre AQMI au Sahel, peut faire beaucoup de choses pour la France, mais s’en tient pour l’instant à ses principes de base : aucun contact direct avec AQMI ne doit être établi, aucun versement de rançon ne doit être consenti, aucune libération de terroristes emprisonnés à Niamey, à Bamako ou à Nouakchott ne doit être tentée. Ce sont de tels détails qui vont déterminer « techniquement » la coopération entre Paris et Alger concernant l’affaire des cinq otages. Et là, le jeu deviendra de plus en plus serré, le temps de plus en plus compté…