La phobie de la fraude étouffe les concurrents de Bouteflika
Les candidats de l’opposition doutent de l’intégrité et de la transparence des prochaines élections présidentielles et malgré quelques divergences sur degré de garanties présentées par le pouvoir pour un scrutin libre et transparent, l’opposition s’accorde néanmoins sur une «pré-fraude» au bénéfice du président-candidat Bouteflika.
Le président du Front national algérien, Moussa Touati, a affirmé que «toutes les garanties présentées par le pouvoir pour assurer l’intégrité des élections sont non seulement insuffisantes mais elles ont été également bafouées par ceux qui les ont établies.» Selon Moussa Touati la fraude a commencé avant la tenue du scrutin notamment à travers l’opération de collecte des signatures en piochant dans les registres d’état civil ou durant l’opération de dépôt du dossier de candidature au Conseil constitutionnel, faisant ainsi allusion au cas du candidat Bouteflika.
Le président du FNA a ajouté que malgré tous les indicateurs de fraude, il a pris la décision de se porter candidat et de l’assumer jusqu’au bout, justement pour dénoncer toutes ces pratiques.
Lotfi Boumghar, le directeur de la communication à la direction de campagne du candidat Benflis ,a pour sa part déclaré que les garanties présentées par le pouvoir sont suffisantes théoriquement mais il faudrait qu’elles soient respectées et appliquées par les institutions .
Dans un appel téléphonique avec Echorouk, Lotfi Boumghar a par ailleurs démenti que Ali Benflis aurait menacé de sortir dans la rue dans le cas où le scrutin serait truqué, il a précisé que Benflis avait réclamé le respect et l’application de la loi électorale et l’application des directives du président de la République.
Le directeur de communication du candidat Ali Benflis a estimé que la participation massive des citoyens au scrutin et leur participation active à toutes les opérations peuvent protéger les urnes de toute fraude. Il a en outre déclaré que des signes de pré–fraude ont été enregistrés notamment à travers le parti-pris de la télévision publique et les violations enregistrées lors de la collecte des signatures.
Le président du parti El karama, Mohamed Benhamou, est d’un tout autre avis ; il affirme que les dés ne sont pas encore jetés et qu’il ne fallait pas s’installer dans un climat de phobie de la fraude. Il a affirmé qu’il allait entreprendre la course des présidentielles en toute confiance et sans aucun complexe d’infériorité.