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La Syrie rejette les craintes de guerre civile exprimées par Clinton

الشروق أونلاين
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Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a rejeté dimanche les craintes de guerre civile exprimées par ses homologues américain et turc Hillary Clinton et Ahmet Davutoglu et accusé certains Etats d'utiliser la Ligue arabe pour parvenir à l'ONU.

Quand Mme Clinton dit que l’opposition est bien armée, (…) c’est comme on dit en anglais “wishful thinking”(prendre ses désirs pour des réalités, ndlr), a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse à Damas.
Vendredi, Mme Clinton avait estimé qu’il pourrait y avoir une guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée. Et M. Davutoglu avait déclaré que les récentes actions armées de déserteurs syriens créaient un risque d’évolution vers la guerre civile. Honnêtement, si l’on lit bien les propos de Mme Clinton et M. Davutoglu, on voit qu’ils sont en train de pousser dans ce sens, a jugé M. Mouallem. Le ministre syrien a d’autre part prévenu que son pays était prêt à se battre. Si le combat nous est imposé, nous combattrons, a-t-il affirmé. Nous espérons que cela ne nous sera pas imposé (…), le problème en Syrie ne peut être résolu que pas les Syriens eux-mêmes, a-t-il ajouté. Il a d’autre part minimisé l’importance de l’ultimatum de la Ligue arabe, qui avait menacé la Syrie de sanctions économiques si les violences ne cessaient pas avant samedi soir, affirmant qu’un accord était encore possible sur le projet arabe d’envoyer une délégation d’observateurs en Syrie. Nous en Syrie ne considérons pas que l’ultimatum est une question importante, le contenu est ce qui est important, et parvenir à un accord avec la Ligue arabe est ce qui compte, a-t-il dit. La proposition de la Ligue arabe comporte des articles reflétant les positions non équilibrées adoptées par certains Etats membres depuis le début de la crise, a-t-il ajouté. L’organisation panarabe a rejeté dimanche une demande de Damas d’amender le projet d’envoyer une délégation de 500 observateurs en Syrie. Ce protocole accorde aux émissaires de la Ligue arabe de très amples prérogatives, voire impossibles, pouvant aller jusqu’à la violation de la souveraineté nationale, a-t-il souligné. Cela est sans précédent dans l’histoire des organisations régionales, qu’une organisation travaille contre l’intérêt d’un de ses membres, a-t-il dénoncé. Cependant, nous saisirons toutes les occasions, jusqu’à ce que les Arabes nous disent: on ne veut pas de vous dans la Ligue arabe, a-t-il assuré. M. Mouallem a aussi accusé certains membres de la Ligue arabe d’utiliser l’organisation comme un outil pour parvenir au Conseil de sécurité de l’ONU: On ne peut pas prendre des décisions précipitées. Ce qu’il faut c’est une réflexion rationnelle car certains dans le monde arabe utilisent la Ligue arabe comme un outil pour parvenir au Conseil de sécurité. Alors que les violences et la répression ont fait de nouvelles victimes dimanche, le ministre a rejeté comme totalement infondées les informations faisant état d’une attaque à la roquette dimanche contre les locaux à Damas du parti Baas au pouvoir. Ces informations ont été diffusées par des groupes de défense des droits de l’Homme et des militants, mais un journaliste de l’AFP qui s’est rendu sur place a dit n’avoir vu aucune trace d’attaque et des habitants ont dit n’avoir entendu aucune explosion. Il a d’autre part attribué à des bandes terroristes armées les troubles dans la ville de Homs (centre), haut lieu de la contestation, reprenant les termes officiels du régime pour désigner les responsables des violences depuis le début de la contestation anti-régime à la mi-mars.

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