L’Algérie en manque de gaz après 2030
Un rapport publié jeudi par le ministère de l’énergie et des mines révèle que la demande locale sur le gaz naturel augmentera de 26,6 milliards de mètres cubes en 2008 à 64 milliards de mètres cubes en 2018, ce qui équivaudrait à la quantité actuellement exportée par l’Algérie par an, ou bien la quantité consommée par l’Espagne et la Turquie réunies en 2007.
- Nadjib Athman, président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz CREG, relevant du ministère de l’énergie, a déclaré que la demande locale sur le gaz naturel enregistrera une hausse de 6,6% cette année, atteignant 28,4 milliards de mètres cubes. Lors de la présentation du programme graphique de l’évolution de la consommation nationale de gaz naturel allant de 2009 à 2018, Athman a estimé la demande locale de la part du secteur industriel à 10,7 milliards de mètres cubes, contre 12 milliards de mètres cubes destinés à la production électrique et 5,7 milliards de mètres cubes pour l’approvisionnement des ménages.
- L’étude a été établie se basant sur trois hypothèses, qui prévoient une hausse démographique de 1,43% d’ici 2018 suivant les chiffres de l’ONS, le passage du taux d’occupation des logements de 5,2 habitants actuellement à 4,5, ainsi que la progression de la demande du secteur industriel, de la consommation des ménages et des stations de production de l’électricité.
- La hausse de la demande locale estimée à 6,6% annuellement jusqu’en 2018 fera passer la demande locale sur le gaz en Algérie à 50 milliards de mètres cubes par an, soit 406 milliards de mètres cubes pour la période s’étalant de 2009 à 2018, contre 54 milliards de mètres cubes à cette date si la moyenne de la croissance annuelle est de 7,4%. Ce scénario fera grimper le volume cumulé de la demande locale sur le gaz à 429 milliards de mètres cubes en 2018, alors que la demande locale passera à 64 milliards de mètres cubes dans 10 ans, si la croissance annuelle atteint 9%, c’est-à-dire que la demande cumulée sera de l’ordre de 472 milliards de mètres cubes. L’étude dévoile que la consommation des clients du secteur industriel passera de 10,6 milliards de mètres cubes actuellement à 30 milliards de mètres cubes en 2018, soit une augmentation annuelle de 11%. Cette forte croissance est occasionnée par la multiplication des projets pétrochimiques qui seront réalisés par le Groupe Sonatrach et des partenaires étrangers.
- Le responsable de la CREG a d’autre part affirmé que la moyenne de raccordement des foyers en gaz naturel atteint les 43%, un taux qu’il juge “bon” comparé à d’autres pays producteurs de gaz. Cette moyenne passera à 57% en 2012 avec le parachèvement des programmes entamés en 2001.
- Suivant la cadence de production, de consommation locale et d’exportation, les réserves de gaz naturel diminueront à 1100 milliards de mètres cubes dès 2020, si l’on n’aboutit pas à de nouvelles découvertes. Ces réserves descendront à 600 milliards de mètres cubes en 2030, et c’est là un niveau qui ne permet même pas de satisfaire la demande locale nécessaire à la production de l’électricité, d’approvisionner les ménages ou le secteur industriel. Il serait judicieux pour l’Algérie qui dispose de réserves moyennes en gaz, de réfléchir dès à présent à l’après gaz et surtout à d’autres sources d’énergie.
- Le ministre de l’énergie et des mines lui a indiqué en répondant à une question d’Echorouk, que les réserves d’uranium de l’Algérie sont estimées à 29 tonnes, précisant que cette quantité suffirait à faire fonctionner 60 ans durant deux stations d’énergie électronucléaire d’une capacité de 1000 mégawatts chacune.