L’Algérie reste à l’Union des avocats arabes !
L’invité du forum Echorouk, Abdelmadjid Sellini, membre permanent à l’Union des avocats arabes et bâtonnier d’Alger a révélé les principales demandes que formulera l’Algérie lors de la réunion du bureau de l’Union dimanche et lundi en Syrie, notamment la condamnation par l’organisation du crime commis par des avocats égyptiens qui ont brûlé le drapeau algérien.
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Maître Sellini a évoqué la mainmise de l’Égypte sur l’Union des avocats arabes depuis sa création, notamment en ce qui a trait à sa présidence et sa présidence honorifique ainsi à la localisation de son siège. Il ajoute que même certains principes de création de cette entité arabe sont erronés.
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Vu la faiblesse des ordres des avocats arabes dans les années soixante, comparés à leur homologue égyptien, les questions du statut et de la représentation avaient été prises en charge par l’Égypte, au profit de laquelle de nombreux pays arabes dont l’Algérie, ont concédé des postes en plus de la gestion. Mais les égyptiens ne s’en sont pas arrêtés là puisqu’ils ont saisi l’occasion pour que ces concessions deviennent un droit pour eux.
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«Les égyptiens ne se sont préoccupés que d’accueillir le siège et de gérer les revenus des cotisations versées sur le compte de l’organisation», explique notre invité tout en ajoutant que l’Égypte utilise et monopolise l’organisation, d’autant qu’elle possède 30 membres permanents contre deux pour chaque pays arabe.
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Pire, l’Égypte n’a pas non plus organisé les réunions biennales du bureau permanent, depuis près de 20 ans depuis la création de l’organisation, afin d’éviter de débourser pour l’hébergement, le transport et la restauration.
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L’Algérie a été le premier pays à s’opposer à ce contrôle imposé par des circonstances particulières lors de la création de l’Union. Notre pays avait demandé, il y a cinq ans, de déplacer le bureau de l’Union et donner les mêmes chances de représentation aux pays membres en amendant le statut particulier, à fortiori qu’en Égypte, il existe des avocats du secteur privé et ceux du secteur public dont des administrateurs élevés au rang d’avocats. Donc leur nombre est beaucoup plus important et par conséquent les plus représentatifs des bâtonnats du monde arabe.
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Sellini a déclaré qu’il était temps pour l’Union des avocats arabes de s’aligner avec les unions internationales et le règlement en vigueur dans tous les pays du monde. Ce qui est sûr selon Sellini, c’est que l’ensemble des bâtonniers arabes à travers leurs représentants permanents condamnera les avocats qui ont brûlé le drapeau algérien en égypte. L’Algérie veillera, avec les avocats solidaires d’autres pays, qui participeront à la réunion du Bureau demain ou après demain, à ce que le bâtonnat égyptien soit sanctionné pour avoir cautionné par son silence le méfait de ses avocats. Au cas où la sanction ne ferait pas l’unanimité, les cotisations algériennes et celles de bon nombre d’autres pays seront gelées, comme convenu lors de concertations préalables à la réunion du Bureau où l’Algérie proposera, une nouvelle fois, le transfert du siège à un autre pays.
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L’Algérie ne compte pas faire le jeu de l’Égypte et se retirer de l’Union, mais fera tout pour mettre un terme à la mainmise de l’Égypte sur l’Union dans les meilleurs délais.
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- D’autre part, Maitre Bourayou, membre du bâtonnat d’Alger, a révélé avoir été contacté par un grand nombre d’avocats arabes et surtout occidentaux outrés par ce qui s’était passé au Caire suite à la qualification de l’Algérie au Mondial. Ils avaient du mal à croire ce que leurs yeux ont vu sur les chaînes satellitaires. Le crime est double, déclare maître Bourayou : des avocats brûlant l’emblème national algérien et de plus au pays qui abrite le siège de l’Union des bâtonnats arabes qui n’a plus de raison d’y demeurer.