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Lamamra: «La politique du Maroc parie sur le pire !»

الشروق أونلاين
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Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a considéré que les propos tenus par les hauts dirigeants marocains contre l’Algérie sont une regrettable illustration du pari du Maroc sur le pire.

En outre, il a exprimé une grande inquiétude sur les  interventions occidentales dans certains pays, comme cela est arrivé en Libye et avant cela en Irak, et a estimé que le printemps arabe a vécu ce qu’ont vécu les roses avant l’arrivée des saisons hivernales difficiles.

Pour le dossier du Sahara occidental, le chef de la diplomatie algérienne a souhaité, dans une longue interview à l’Opinion parue mercredi, que le mandat de médiation des Nations unies «soit pris au sérieux» et que les négociations «sérieuses» s’engagent entre le Maroc et le Front Polisario, seul représentant du peuple sahraoui.

«Le président Bouteflika vient de réaffirmer la position de l’Algérie à Christopher Ross, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, sereinement mais fermement, comme il convient lorsqu’il s’agit des positions de principes conformes au droit et à la doctrine universelle en matière de décolonisation», a-t-il rappelé.

«L’Algérie est contre les interventions militaires étrangères, et partant l’intervention militaire étrangère a empêché les Libyens d’aller par eux-mêmes vers une solution que l’Union africaine proposait à l’époque, en 2011, et qui était une transition pacifique», a souligné M. Lamamra.

«L’intervention militaire, augmente la probabilité d’activité terroriste et de déstabilisation dans les pays qui sont opposés à une telle démarche», a affirmé encore le ministre.

En ajoutant que «ses tentatives pour trouver une solution pacifique à travers le dialogue en Libye en 2011, alors qu’il était commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, avaient été  ignorées par les forces de l’Otan qui aidaient les rebelles à renverser Maâmar Keddafi par la force militaire».

Dans le même sens, M. Lamamra a affirmé que l’Algérie soutiendra le nouveau représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, qui a succédé à l’Espagnol, Bernardino Leon, qui avait eu un manque d’intégrité dans l’accomplissement de sa mission, après avoir présidé l’Institut de diplomatie des Emirats arabes unis.

A une question sur les offensives militaires du général Haftar qui pourraient constituer un frein à la réconciliation libyenne et l’aggravation du conflit, le ministre a répondu que «cela fait partie des dossiers à régler».

«Je ne vois pas, a-t-il admis, ce qui pourrait unir des groupes sous la bannière de Daech, qui est un produit des réalités irakiennes, né en 2006 dans le prolongement de la chute de Saddam Hussein, et des frustrations des populations avec le démantèlement de l’Etat et de l’armée. La dimension syrienne s’est ensuite greffée dessus».

 «L’intervention militaire au Moyen-Orient risque de déstabiliser des pays et provoquer une montée du terrorisme et peut devenir une partie du problème et non une partie de la solution»,  a-t-il mis en garde.

Pour contrecarrer le terrorisme, dont la menace pèse sur le monde entier, M. Lamamra a expliqué que seule une action concertée de la communauté internationale pourra le contenir et le défaire.

«C’est un défi renouvelé à la coopération antiterroriste mondiale. La vigilance est de rigueur pour tous les Etats», a-t-il dit, citant l’exemple de l’Algérie qui a développé une démarche de déradicalisation aux plans national et régional, à travers une série de mesures politiques, économiques et sociales visant à «affaiblir l’emprise et l’impact de la propagande terroristes, notamment sur la jeunesse».

Sur le plan religieux, le ministre a préconisé, pour contrecarrer ce phénomène, l’amélioration de la formation des prédicateurs, dont certains, a-t-il expliqué, «agissent en ignorant les véritables enseignements de l’Islam».

«Beaucoup de gouvernements se concentrent sur les dimensions sécuritaires, humanitaires et politiques et n’intègrent pas, dans leur riposte au terrorisme, les aspects sociaux, culturels et cultuels», a-t-il relevé.

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