L’Amnesty International critique la situation générale des droits de l’homme en Algérie
L’organisation Amnesty international (AI) a fustigé la situation des droits de l’homme en Algérie et exprimé son “indignation” quant au traitement réservé par les autorités à la secte ahmadite, affirmant en revanche la baisse des poursuites judiciaires à l’encontre des adeptes de cette dernière.
La directrice de la section algérienne d’AI, Hassina Oussedik a présenté jeudi à l’hôtel Sophitel (Alger) le rapport 2017 sur la situation des droits de l’homme. “Les autorités ont continué à arrêter des manifestants pacifiques, des défenseurs des droits de l’homme, des activistes et des journalistes de manière arbitraire. Les associations continuent de subir des restrictions injustifiées, tandis que la loi restreignant le droit de former des syndicats de travail se poursuit et les partisans de l’Ahmadiyya subissent, quant à eux, une oppression arbitraire. Certains migrants sont victimes eux-aussi d’expulsion forcée, dont des peines de mort étaient prononcées à leur encontre mais non exécutées”, a indiqué Hassina Oussedik.
“Nous avons entendu des discours de la peur et d’oppression contre les migrants africains empêchés de se déplacer sur le territoire national”, a souligné Oussedik, tout en reprochant aux autorités la façon avec laquelle l’on a procédé au rapatriement des migrants subsahariens.
Selon l’interlocutrice, 35.000 personnes seraient rapatriées entre août et fin de l’année 2017, conseillant ainsi aux autorités du pays de lancer des campagnes de sensibilisation et d’information au profit des citoyens de sorte d’éviter le discours de haine et de la peur à l’égard des migrants clandestins.
Pour ce qui est du dogme ahmadite, dont les autorités affirment que l’arrestation et les poursuites judiciaires contre des adeptes de celle-ci sont décidées sur la base de leurs activités non autorisées et non pas par rapport à leurs croyances religieuses, l’ONG dira:”Nous avons enregistré des poursuites de la secte ahmadite par les autorités, mais les arrestations ont diminué”.
“Durant l’année écoulée, plus de 280 membres de l’Ahmadiyya ont été traduits devant la justice, eux qui représentent une minorité religieuse, et ce par rapport à leurs croyances et leurs pratiques religieuses. Depuis avril, 16 adeptes de l’Ahmadisme ont été remis en liberté après avoir vu leurs peines commuées en des peines avec sursis. Des dizaines d’autres font l’objet d’enquête et de procès au moment alors que cinq d’entre eux sont toujours en détention “, a renchéri l’ONG.
S’agissant du nombre croissant des harraga, l’AI l’attribue à la situation difficile que vit le pays, au sentiment du citoyen de l’absence de ses droits fondamentaux en dépit de la richesse de l’Algérie en matière du potentiel naturel et humain.
Quant au droit de création et d’adhésion aux organisations, le rapport d’AI soutient que : “Les autorités ont abandonné de nombreuses associations, y compris la section algérienne d’Amnesty International dans une situation d’instabilité juridique du fait qu’aucune suite n’a été donnée à leur demande d’enregistrement conformément à la loi sur les associations qui contient des restrictions sévères”.