L’appel au retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie maintenu
La communauté internationale poursuit ses efforts en vue d’extirper la Mauritanie de la crise politique née du renversement du président élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi. Ses représentants mènent des consultations auprès du président déchu ainsi que du chef de la junte militaire Ould Abdelaziz.
- Conformément aux recommandations de la réunion d’Addis-Abeba sur la crise politique en Mauritanie, le dialogue se poursuit entre les représentants de la communauté internationale et les putschistes, incluant des consultations auprès du président renversé et d’autres personnalités mauritaniennes.
- Ainsi, l’envoyé spécial de l’ONU a rencontré Abdellahi et le général Ould Abdelaziz, le chef de la junte au pouvoir, et c’est sans surprise qu’il a réitéré la nécessité que la solution dans ce pays soit adoptée en associant Abdellahi en tant que président.
- La même démarche sera entreprise dimanche prochain par une délégation conjointe de l’Union Africaine et l’Union Européenne, avant de passer à l’option des sanctions.
- La mission de haut niveau effectuera en effet le déplacement en Mauritanie pour s’entretenir avec les principaux acteurs de la crise politique, et tenter de les engager à envisager une sortie de crise qui prendrait en compte «une solution démocratique et pacifique susceptible d’être acceptée par les Mauritaniens dans leur ensemble», déclarait le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra.
- Car rappelons-le, si les différentes organisations internationales et régionales, dont l’UA, ont donné une nouvelle chance à la négociation avec les putschistes, il n’en est pas moins qu’elles maintiennent leur position sur l’impératif retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie.
- Ces initiatives, qui “prolongent” un ultimatum qui a expiré il y a dix jours, interviennent avant la tenue d’une nouvelle rencontre à Bruxelles le 12 du mois en cours, pour l’évaluation de la situation en Mauritanie avant la prise de mesures “adéquates”.
- La situation dans ce pays ne prête pas à l’optimisme à en croire les propos de Alain Joyandet, le Secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie qui évoque l’arrestation ces derniers jours de plusieurs personnalités opposées au putsch, dont le Premier ministre renversé par le coup d’Etat, Yahya Ould Ahmed Waghef.
- Joyandet rappelle que l’Union Européenne pourrait décider, si la crise persiste, la suspension totale ou partielle de l’aide communautaire, à l’exception de l’aide à caractère humanitaire et bénéficiant directement à la population.
- L’UA pour sa part pourrait envisager, si les efforts actuels échouent, la possibilité d’une saisine du Conseil de Sécurité des Nations Unies.