Le général Mood attendu à Damas, combats entre soldats et déserteurs
De nouveaux combats meurtriers entre forces gouvernementales et déserteurs passés à la rébellion ont éclaté samedi en Syrie, où était attendu le nouveau chef de la mission d’observation de l’ONU, le général norvégien Robert Mood.
Ces violences, dans lesquelles la rébellion est impliquée, interviennent alors que l’armée libanaise a annoncé avoir intercepté trois containers d’armes provenant de Libye et destinées aux insurgés syriens. Ce chargement comprenait des mitrailleuses lourdes et des obus, selon une source de sécurité libanaise.
Damas et les services libanais ont déjà affirmé à plusieurs reprises que des armes étaient acheminées clandestinement via le Liban aux rebelles qui cherchent à renverser le régime du président Bachar al-Assad.
Les combats samedi ont fait au moins 10 morts parmi les déserteurs dans la région de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a également rapporté des affrontements dans la matinée aux abords d’un palais présidentiel près de Lattaquié, sur la côte, et dans la région d’Idleb (nord-ouest) dans l’après-midi.
Une quinzaine d’observateurs de l’ONU sont actuellement en Syrie. Selon un porte-parole de l’ONU, Neeraj Singh, huit sont désormais basé à Idleb (nord-ouest), à Deraa (sud), berceau de la contestation, ainsi qu’à Homs et à Hama, villes rebelles du centre du pays.
Selon Amnesty International, les violences ont fait au moins 362 morts depuis que les premiers observateurs ont entamé cette mission le 16 avril.
Les Etats-Unis ont accusé M. Assad de ne pas respecter “la moitié de sa part du contrat” et prévenu qu’ils étaient prêts à retourner devant le Conseil de sécurité de l’ONU si Damas faisait échouer le plan Annan.
L’Union européenne s’est déclarée vendredi soir “extrêmement préoccupée” par la poursuite de la violence en Syrie, où “il est clair” que le gouvernement “ne respecte pas ses obligations”.
La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un mouvement de contestation de plus en plus militarisé face à la répression du régime, qui affirme lutter contre des “groupes terroristes” armés par l’étranger. En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts dans le pays, selon l’OSDH.