Le gouvernement koweïtien en crise
Le gouvernement koweitien a soumis, mardi, sa démission à l’émir cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah suite à un débat houleux entre le Parlement et l’Exécutif au sujet de la visite de Mohammad Baqer Al-Fali, un dignitaire religieux iranien interdit de séjour par la justice koweitienne.
- Une nouvelle crise se profile à l’horizon politique du Koweït, et pas des moindres. En effet, le gouvernement vient de soumettre sa démission à cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah qui pourrait bien l’accepter, conformément à la Constitution en vigueur dans ce pays. Le cas échéant, l’émir pourrait dissoudre le parlement et former un nouveau cabinet ou alors convoquer des élections législatives anticipées.
- Le point de départ de cette situation est la protestation de trois députés sunnites de mouvance salafiste à propos de la demande d’audition du premier ministre au sujet de la visite d’un religieux iranien chiite, en l’occurrence Mohammad Baqer Al-Fali, qui auparavant s’était rendu coupable de propos insultants à l’encontre des compagnons du prophète et a par la suite été interdit d’entrée au Koweït par la justice de ce pays.
- Aux dernières nouvelles, le chef d’état koweitien cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah a remis, après étude, l’examen de la démission à plus tard “pour que le gouvernement poursuive son travail pour le bien du pays et du peuple”, a déclaré Khaled Al Abdallah Al-Sabah Al-Nasser Al-Sabah, chef du protocole et de la Chancellerie.
- Le Premier ministre offre une nouvelle occasion aux députés qui ne sont pas à leur première révolte contre lui. Le chef du gouvernement cheikh Nasser a déjà été accusé par ses détracteurs de faillir à son devoir constitutionnel”. Ils considèrent qu'”il est temps que le Koweït ait un Premier ministre capable de gérer les affaires de l’Etat et de répondre aux attentes du peuple” et lui reprochent également l’augmentation, disent-ils, de la corruption et des dépenses inconsidérées de deniers publics, depuis 2006, date à laquelle il a pris les rênes du gouvernement. L’impair est grave aujourd’hui et pourrait replonger l’émirat dans une nouvelle crise politique. Les rapports difficiles entre l’exécutif et le législatif ne sont pas nouveaux. La dernière qui a mené à la dissolution du Parlement remonte à mars 2008 en raison d’un différend nourri par les tensions entre sunnites et chiites qui représentent un tiers des Koweïtiens.