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Le Mali se prépare à un second tour pour la présidentielle

الشروق أونلاين
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Le Mali se prépare à un second tour pour la présidentielle

Les Maliens devront retourner aux urnes le 11 août pour élire leur président. Selon les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, annoncés vendredi 2 août après plusieurs reports, les deux favoris, Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”) et Soumaïla Cissé arrivent bien en tête, mais aucun n’a franchi la barre des 50 % des voix.

La proclamation de ces résultats a été accueillie dans le calme dans la capitale malienne alors que les tensions étaient montées d’un cran depuis une semaine. Après une première divulgation de chiffres partiels par une radio locale, le ministre de l’administration territoriale, chargé de l’organisation de l’élection, avait indiqué qu’IBK était largement en tête et qu’une victoire au premier tour se dessinait. Le camp de Soumaïla Cissé avait aussitôt dénoncé une manœuvre, assurant que d’après leurs estimations, un second tour était “inévitable”. Les chiffres publiés vendredi leur ont donné raison.

Avec 39,2 % des voix, l’ex-premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta est largement en tête, devant son rival, ancien ministre des finances, qui recueille 19,4 % des suffrages.

Nombre extrêmement élevé de bulletins nuls

Jusqu’à la veille du scrutin, les partisans d’IBK et son état-major tablaient sur une victoire au premier tour. Très populaire à Bamako, où il a remporté 70 % des suffrages, le candidat n’a pas provoqué le raz-de-marée espéré dans les autres régions. Contrairement à Soumaïla Cissé, IBK n’a pas commenté publiquement les résultats, préférant attendre la confirmation de la Cour constitutionnelle, qui doit publier les résultats définitifs dans un délai de quarante-huit heures.

D’ores et déjà, le camp Soumaïla Cissé s’apprête à déposer plusieurs recours. Ses adversaires pourraient faire de même. “Nous n’avons pas encore pris notre décision, mais nous sommes en train d’examiner les résultats”, indique Mahamadou Camara, porte-parole d’IBK. Pour les deux parties, c’est le nombre extrêmement élevé de bulletins nuls qui est au cœur des contestations. Quelque 403 000 suffrages, sur 3,5 millions de votants, ont en effet été annulés. “C’est un taux qu’il va falloir expliquer”, met en avant une source diplomatique.

Le second tour, prévu le 11 août, s’annonce tendu. Les difficultés techniques liées à un scrutin organisé très rapidement, sous la pression de la communauté internationale, risquent de jouer un rôle crucial. “L’arbre de la participation massive des Maliens ne doit pas cacher la forêt de l’impréparation et de la fraude qui ont caractérisé le premier tour”, a déclaré Soumaïla Cissé vendredi soir. “J’invite le gouvernement et ses partenaires à prendre des mesures rigoureuses pour le deuxième tour afin que tous les Maliens puissent s’exprimer”, a-t-il ajouté.

Soumaïla Cissé dispose d’une plus grande réserve de voix

Le candidat met en cause les imperfections qui ont entouré l’élection du 28 juillet. De nombreux électeurs avaient eu beaucoup de mal à trouver leur bureau de vote. Les 175 000 Maliens réfugiés dans des camps au Burkina Faso, au Niger et en Mauritanie, depuis la crise au nord, n’avaient quasiment pas pu voter. Même chose pour les Maliens de l’étranger. Dans le camp d’IBK aussi, les conditions de vote sont déjà évoquées. “Nous mettons en garde contre les fraudes. Nous ne nous laisserons pas voler la victoire”, souligne Mohamadou Camara.  

Périlleuse techniquement, l’élection est aussi très ouverte. IBK et Soumaïla Cissé vont devoir  élargir leur électorat et aller chercher le soutien des 25 autres candidats du premier tour, notamment celui de Dramane Dembélé, arrivé troisième avec 10 % des voix et celui de l’ancien premier ministre Modibo Sidibé, qui a recueilli près de 5 % des suffrages. L’appui de M. Dembélé, candidat de l’Adéma, le plus grand parti politique malien, sera particulièrement important.

En théorie, Soumaïla Cissé dispose d’une plus grande réserve de voix puisque son parti, l’Union pour la République et la démocratie (URD), est membre d’une coalition, le FDR, dont font partie plusieurs autres candidats. Mais ce front pourrait rapidement se fissurer.  L’avance d’IBK au premier tour pourrait attirer des transfuges. Dans chaque camp, on ne cachait pas en tout cas vendredi soir que les grandes manoeuvres avaient déjà commencé. Soumaïla Cissé a indiqué que des accords seront conclus dans les 48 heures. Dans le camp IBK, on confirmait des discussions en cours avec une douzaine de candidats sans vouloir citer de noms.

 

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