Le marché n’a toujours pas inclus la réduction de l’Opep, selon Khelil
La réunion du Caire le 29 novembre ne va pas déboucher sur une décision quelconque, mais être plutôt sujet à discussion, selon Chakib Khelil · Les prix de pétrole vont encore augmenter à des niveaux importants, dans les années à venir a prédit le ministre.
- « Comme c’est une réunion informelle, il est fort peu probable qu’on discute d’une réduction de la production de pétrole. Ce sera plutôt des consultations, et pourquoi pas des recommandations pour la prochaine réunion de l’Opep qui devrait se tenir à Oran », c’est ce qu’a affirmé à la presse hier, le ministre de l’Energie et des Mines, M.
-
Chakib Khelil, à propos de la réunion de l’Organisation, prévue le 29 novembre au Caire, et qui devrait, réunir en parallèle, les pays arabes membres de cette organisation.
-
« Il se pourrait que nous sortions avec des recommandations qui ne seront pas nécessairement des recommandations, mais elles serviront de support à la conférence de l’Opep à Oran”, a-t-il déclaré, lors d’un point de presse, animé en marge de la 6eme Conférence internationale sur les opportunités d’investissements dans le domaine de l’énergie en Algérie qui se tient à Alger.
-
Chakib Khelil qui est également président en exercice de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a mis en exergue le fait, qu’une autre réduction de production des pays de l’Opep “dépendra du consensus dégagé lors de la réunion du Caire : “Si on n’a pas rempli les premiers engagements de réduction de 1,5 millions de barils/ jour, et qu’on décide d’une autre réduction l’Organisation ne va pas être crédible”, a-t-il dit, arguant dans ce contexte que les prix ont continué leur dégringolade, « parce que le marché n’a toujours pas inclus cette baisse de la production.
-
Il faut attendre après le mois de décembre comment le marché va réagir, et nous on prendra la décision adéquate après cela. ». Néanmoins, Khelil dira que la réunion du 17 décembre à Oran sera plus décisive en la matière : « là, on aura les informations sur la demande réelle et celles concernant les retombées de la réduction sur le marché, ce qui n’est pas encore le cas actuellement ».
-
Le ministre a rappelé que l’objectif de l’Opep est d’arriver à un niveau des prix entre 70-90 dollars le baril, “car c’est le prix du coût marginal de développement des nouveaux gisements notamment ceux situés en eaux profondes, tels que ceux du Mexique, où les sables bitumineux du Canada, qui à moins de 70 dollars, ne seront pas développés”.
-
Selon lui, si ce niveau des prix n’est pas atteint d’ici deux ans, il y aura un risque de voir se reproduire le phénomène d’après 1998, ou les prix avaient fortement chuté en raison de la perte de confiance dans l’investissement, qui a conduit, durant la période 2000-2007, à une offre insuffisante qui suivait difficilement la hausse accélérée de la demande.
-
L’Opep, a-t-il dit, “a pu satisfaire la demande croissante, ce qui n’a pas eu d’impact sur l’économie mondiale, mais on risque d’avoir le même phénomène puisque nous sommes maintenant rentrés dans une phase similaire à celle de 1998 ou nous allons manquer d’investissements et donc de production”.
-
Expliquant la chute actuelle des prix de brut, le ministre a indiqué qu’il s’agit d’un effet de rattrapage où la cible (baisse de la demande) court plus vite que ce qui suit la cible (actions de l’Opep pour stabiliser les prix), mais que cela ne saurait durer.
-
“Le rebond des prix pourraient être plus important si l’Opep pourrait rattraper cette cible”, a-t-il estimé.
-
Commentant le niveau des prix actuels qui ont touché jeudi leur plus bas niveau depuis 2003, à 50 dollars à Londres, le ministre a précisé qu’en matière “des coûts de brut il faut relativiser”, expliquant par là, qu’il faut exclure l’année 2008 des calculs, « et qui a échappé à tous les paramètres et donc aux fondamentaux du marché» “La moyenne des prix entre 2000-2007 se situe à un niveau entre 50 et 60 dollars ».
- Des fondamentaux qui sont revenus aujourd’hui, et qui se concentrent, pour la première fois, sur la réalité du marché, celle de l’offre et de la demande, selon Chakib Khelil, qui a affirmé enfin, que les prix de pétrole vont encore augmenter à des niveaux importants, dans les années à venir.