-- -- -- / -- -- --
إدارة الموقع

Le parlement irakien signe sans voir

Le parlement irakien signe sans voir

Le parlement irakien vient d’adopter à une large majorité l'accord avec les Etats-Unis prévoyant le retrait des troupes américaines d'Irak d'ici 2011, sans avoir eu à étudier la version originale du texte. La version anglaise de l'accord a en effet été occultée par Washington, jusqu'à ratification de l'accord.

  • Le Parlement irakien a adopté jeudi par 149 voix sur 198, l’accord avec les Etats-Unis sur le statut des troupes américaines, huit ans après une invasion par la force qui a renversé le président Saddam Hussein et plongé le pays dans un bain sang.
  • Washington a gardé la version anglaise de l’accord secrète jusqu’à ratification de l’accord, pour ne pas mettre en péril celle-ci en raison de l’interprétation du document, justifie la partie américaine.
  • “Sur certains points, les deux parties ont trouvé une formulation qui les met d’accord, mais elles en interprètent le sens différemment”, a déclaré un haut responsable américain, qualifiant la traduction officielle de “sensible mais pas confidentielle”.

    Parmi les points les plus délicats, l’interdiction pour les Etats-Unis de mener des opérations militaires sur le territoire d’autres pays à partir de l’Irak.

  • Mais les américains peuvent tout autant se référer à un autre passage de l’accord qui autorise les parties à recourir à l’auto-défense et pourrait permettre à l’armée américaine de poursuivre des agresseurs basés par exemple en Syrie ou en Iran, selon les observateurs.
  • L’obligation faite aux troupes américaines d’obtenir l’autorisation préalable de Bagdad pour toute opération prête également à controverse, puisque les Américains pourraient se contenter d’avertir Bagdad en termes imprécis.
  • Cet accord obscur qui ouvre le champ à des interprétations multiples a bien évidemment été chaleureusement salué par le président américain qui, comble de la chose, juge que son adoption démontre “la progression de la démocratie en Irak et sa capacité croissante d’autodéfense” et que ces accords “serviront les intérêts partagés et durables des deux pays et de la région”.
  • Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, dont l’équipe a su marchander pour obtenir une large majorité autour de ce texte, a signifié que l’accord sur le retrait des forces américaines traduisait le recouvrement par l’Irak de sa souveraineté perdue depuis plus de deux décennies (…), la préservation de ses richesses et son retour au sein de la communauté internationale en tant que pays libre et souverain, ce dont doutent fortement et ouvertement le chef chiite Moqtada Sadr et ses partisans.
  • Moqtada Sadr a en effet dénoncé l’accord et a annoncé après son adoption trois jours de deuil dans l’ensemble de l’Irak pour exprimer son refus de ce pacte.
  • L’accord doit néanmoins encore être ratifié par le Conseil présidentiel, qui compte, outre le président Jalal Talabani, deux vice-présidents chiite et sunnite et un référendum populaire sur l’accord de sécurité avec les Etats-Unis, devra être organisé avant le 30 juillet conformément au projet de loi, mais il sera inutile car la voix du peuple irakien ne sera pas écoutée, selon les sadristes qui dénoncent une conspiration contre les irakiens.
  • Le parlement a adopté aveuglément une traduction peu fiable, qui ne parait pas fidèle à la copie originale rédigée en anglais ce qui impliquerait de dangereuses conséquences. Nous sommes dès lors tentés de juger la position des sadristes clairvoyante et plus avisée. L’Irak a-t-il signé son arrêt de mort ?

Ajoutez un Commentaire

Tous les champs sont obligatoires et votre e-mail ne sera pas publié. Veuillez respecter la politique de confidentialité.

Votre commentaire a été envoyé pour examen, il sera publié après approbation!
Commentaires
0
Pardon! Il n'y a pas de contenu a afficher!