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D.R

Les accidents de la route demeurent un véritable fléau au niveau mondial. Chaque année, plus de 1,35 million de personnes perdent la vie dans des accidents de la route. Il s’agit en effet de la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans. On recense également 20 à 50 millions de blessés, dont nombre d’entre eux gardent une invalidité à la suite de leurs blessures.

Toutefois, plus de 90% des décès sur les routes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Annuellement, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publie un rapport complet sur l’accidentologie et la mortalité routière de tous les pays du monde et il semblerait que le Continent africain enregistre le taux de mortalité routière le plus important. L’Algérie, elle, occuperait la 98ème place dans le classement mondial des accidents de la circulation routière et la 42ème position au niveau africain.

Et pour cause, le bilan de la Protection civile (PC) en 2019 est lourd, même s’il est en légère baisse (-1%) par rapport à l’année précédente. Néanmoins 60700 accidents ont été enregistrés, engendrant la mort de 1770 personnes sur les lieux, et des blessures à 72637 autres.

La wilaya d’Alger vient en tête au niveau national de par le nombre d’accidents de la circulation enregistrés durant cette année là, avec l’incroyable chiffre de 6500 cas, suivie de Blida avec 2850, puis d’Oran avec 2600, et enfin de Sétif avec 2200 accidents enregistrés. Mais ce qui attire notre attention est le nombre d’accidents répétitifs mais surtout de victimes sur la RN 05 et la RN 01 ainsi que sur l’autoroute Est Ouest. L’on recense 82 décès à M’sila, 80 décès au niveau de Sétif et Bouira mais également 72 morts à Ain Defla.

Contacté par nos soins, Nacim Bernaoui, chargé de la communication à la Direction générale de la Protection civile, rappelle que la prévention est de mise, la prise en charge rapide des victimes des accidents de la circulation aussi.  Selon notre interlocuteur, les services de la PC font ainsi un véritable travail de fond en veillant à la formation des secours médicalisés, des agents de secours routiers, mais également en plaçant des agents aux postes de secours routiers, sur les axes les plus importants et les plus touchés, pour réduire le temps d’intervention et ainsi sauver le maximum de vie…

Mais cela ne semble pas suffisant, la nouvelle année n’est pas de tout repos pour les services de la protection civile dans la mesure où l’hécatombe routière continue d’endeuiller les familles algériennes.  En seulement 20 jours, du 1er au 20 Janvier, Nacim Bernaoui nous communique un premier bilan effarant et qui fait froid dans le dos… Déjà 110 personnes ont péri, 4000 autres ont été blessées et ce dans 4200 accidents de la circulation.

Nos routes sont donc devenues un véritable coupe-gorge et de plus en plus de véhicules de transport en commun sont impliqués dans des accidents de la route. Dimanche matin, un autre drame a coûté la vie à 13 personnes lorsque deux autocars, desservant les lignes (Ouargla-Jijel) et (Sétif-Ouargla) sont entrés en collision. Confié souvent à de jeunes conducteurs n’ayant aucune expérience ou formation dans le domaine, cette catégorie professionnelle de transporteurs est pointée du doigt pour être à l’origine de plusieurs accidents mortels, autrement dit, un accident d’un transport de marchandises ou d’un transport en commun cause plus de dégâts humains et matériels, avec souvent des séquelles graves et traumatisantes sur l’opinion publique.

A ce titre, la Protection civile met l’accent sur la nécessité de faire un vrai travail de sensibilisation, pour s’attaquer à la recrudescence de ces accidents il faudrait alors passer par la formation des conducteurs, la révision de l’attribution du permis de conduire, la limitation de l’âge, des contrôles médicaux réguliers pour revoir l’aptitude des transporteurs d’assurer de long trajets, le respect du temps de repos pour les longues distances, mais aussi en aménageant des relais de repos, en dédoublant les voies et en renforçant la répression… Mais est-il donc plus dangereux de voyager en car que par un autre moyen de locomotion? Et bien, il semblerait que non, ce serait même l’inverse et ce même si une répartition par catégorie de véhicules dans les accidents routiers montre que les camions, bus et autocars sont impliqués en nombre dans la totalité des accidents.

Face à l’adversité, les conducteurs tentent de rassurer: «L’autocar est loin d’être le moyen de locomotion le moins sûr, il serait même un mode de transport dix fois plus sûr que la voiture individuelle et au coude à coude avec le transport ferroviaire et aérien».  Pour eux, comme c’est le cas avec l’avion, les accidents de cars sont souvent plus médiatisés car il y a plus de victimes d’un coup. La couverture médiatique d’un accident de car avec 10 victimes sera beaucoup plus importante que celle de cinq accidents de voitures avec un ou deux morts.

À noter également qu’à l’échelle mondiale, presque la moitié des décès sur les routes touchent les usagers qui sont les moins protégés: les motocyclistes qui représentent chez nous 5% du parc national, les piétons et les cyclistes.

Un phénomène qui inquiète les autorités

Un Conseil interministériel consacré exclusivement à l’examen du fléau des accidents de la route doit se tenir dans les plus brefs délais, c’est là une instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune à son Premier ministre, Abdelaziz Djerrad, pour «proposer enfin des mesures susceptibles de mettre fin à ces catastrophes, qui ont pris des proportions inacceptables et intolérables, avec la hausse constante et préoccupante de sinistres sur nos routes, occasionnant des pertes humaines et matérielles et impactant la santé publiques et l’intégrité du citoyen» , c’est ce qu’a indiqué lundi un communiqué de la Présidence de la République.

Fatima Khellaf, cadre de la Délégation nationale de la sécurité routière souligne que «la tenue par le Premier ministre d’un Conseil consultatif national intersectoriel autour de la sécurité routière est une première en Algérie». Il s’agirait ,selon elle, d’ «établir un état des lieux dans un premier temps, puis de concevoir une stratégie nationale, de prendre des mesures d’urgence, et de donner des directives à tous les premiers responsables des secteurs concernés par la Sécurité routière».

«Notre délégation aura pour rôle de proposer une série de recommandations et de mesures préventives, mais également appliquer les orientations et les décisions arrêtées par le Conseil consultatif qui sera présidé par le Premier ministre. Je pense qu’il faut prendre en considération que plus de 96% des accidents de la circulation sont liés au facteur humain,  alors que le facteur environnemental est à l’origine de 2% des cas seulement, suivi au troisième plan par l’état des véhicules avec un taux de 2%. C’est dans ce sens qu’il faut penser à revoir le système de formation des conducteurs qui a sa grosse part de responsabilité dans l’hécatombe des routes », a-t-elle renchéri.

De l’avis de notre interlocutrice, «il faut penser à promouvoir la communication et la sensibilisation, renforcer l’éducation routière au niveau des écoles et faire des propositions autour de l’humain et de son comportement au volant», se félicitant de la volonté politique de l’Etat qui s’est traduite «par les instructions données au Premier ministre en vue de se pencher sérieusement sur la question».

Nabila Hocine

Accident de la route Carnage routier Protection civile

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