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Le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz : « La lâche agression marocaine est un acte suicidaire »

الشروق أونلاين
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Le président sahraoui Mohamed Abdelaziz a indiqué mercredi au Forum du journal Echorouk que la lâche agression dont a fait l’objet le peuple sahraoui dans le camp Gdeim Izik près de la ville d’El Ayoun a été ordonnée par le roi marocain Mohamed VI lors de son dernier discours. Le président sahraoui a qualifié cette agression d’ « acte suicidaire » reflétant la défaite politique du Maroc. Il a, par ailleurs, dénoncé le mutisme international face à cette lâche agression.

Lors de sa première allocution prononcée après l’agression le président sahraoui Mohamed Abdelaziz a déclaré qu’il est très difficile à l’heure actuelle d’indiquer le nombre exacte des victimes de cet acte criminel car l’agression se poursuit encore. « Toutefois, une chose est sure : il y a encore des dizaines de morts dans ce qui reste du camp et dans le désert où se sont refugiés beaucoup de sahraouis », a affirmé mercredi le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, au forum du journal Echorouk qui l’a honnoré pour tous ses efforts deployés pour deffendre la cause sahraouie. Les autorités marocaines ont encerclé la région pour empêcher l’infiltration de toute information sur cette lâche agression. Les lignes téléphoniques ont été suspendues pour empêcher toute communication au sujet de cette agression. « Nos sources font état de l’existence de cadavres dans des citernes d’eau sous la terre, d’autres sur les deux rives de la rivière al Sakia el Hamra et d’autres jetés dans le désert », a-t-il indiqué. Selon lui, il y a des dizaines de morts et des centaines de blessés et de disparus. Pire encore, il a assuré que les autorités marocaines ont creusé des tombes collectives aux abords du camp démantelé pour enterrer les dizaines de morts sahraouis. Dans le même contexte, il a indiqué que l’agression se poursuit dans les rues et ruelles des villes sahraouies. Les services de sécurités marocains pourchassent les sahraouis qui ont pu s’échapper. Il a affirmé, en outre, que des centaines de blessés saignent dans le désert et chez eux et refusent d’aller aux hôpitaux dirigés par des marocains de peur d’être liquidés physiquement. Le président sahraoui a relaté les différentes les différentes étapes de préparation de cette lâche agression. « Lorsque près de 30 000 sahraouis ont décidé de d’installer des tentes dans la région de Gdeim Izik (12 km de la ville d’El Ayoun) le 12 octobre dernier dans le cadre de l’Intifada du peuple sahraoui, ils ont réclamé leur droits sociaux, économique et politique légitimes, notamment leur droit à l’autodétermination et de mettre un terme à l’exploitation illégale des richesses naturel de leur pays », a dit le président sahraoui. « Ce mouvement de protestation était pacifique, mais un mois après son lancement, les autorités marocaines ont essayé de gagner du temps en faisant semblant d’ouvrir le dialogue. Or, en réalité elles préparaient secrètement cette agression. Ainsi, elles ont coupé les routes menant au camp et interdit le passage des vivres aux sahraouis pour les dissuader. Les autorités marocaines ont même interdit aux observateurs internationaux d’accéder au camp afin de commettre leur agression loin des yeux. Le 7 novembre les autorités marocaines ont provoqué des escarmouches pour « légitimer » l’agression. Cette dernière a eu lieu le lendemain à 6 h du matin. En effet, toute une armé a mené une grande attaque terrestre et aérienne en pleine obscurité (avant la levée du soleil). Cette armée s’est ruée sur les sahraouis désarmés qui dormaient encore. Ainsi ils ont tué des dizaines de sahraouis, blessés des centaines et ont brulé le camp.

 Le roi a donné le début de l’agression

Le président sahraoui Mohamed Abdelaziz a indiqué que le début de la lâche agression a été donné par le roi Mohamed dans son discours du 6 novembre. Alors que les gens attendaient une solution de sa part pour les revendications légitimes du peuple sahraoui, Mohamed VI  annonce le début de l’agression. Le souverain marocain s’est attaqué comme d’habitue à l’Algérie et a menacé explicitement le peuple sahraoui. Le président sahraoui dénonce cette lâche agression qu’il a qualifiée d’acte suicidaire, qui reflète une défaite politique et une réaction aveugle devant la réussite de la proposition sahraouie. Il a indiqué, par ailleurs, que cette agression qui coïncide avec les négociations de Manhasset n’est pas fortuite. « Ces négociations indirectes portent sur les propositions des deux parties. A savoir l’autodétermination du peuple sahraoui proposée par le front Polisario et l’autonomie, proposition du Maroc sans conditions préalables. Cependant, le gouvernement marocain exige que les négociations se déroulent dans le cadre de la souveraineté marocaine ou imposer le fait accompli. Sachant que cette proposition n’est pas acceptée par l’opinion internationale et sahraouie, le gouvernement a décidé de commettre cette lâche agression pour faire échouer les négociations et pousser le front Polisario à se retirer de ces négociations pour jeter la responsabilité de cette échec sur le dos des sahraouis, mais ils n’ont pas réussi. Dans un autre contexte, le président sahraoui Mohamed Abdelaziz dénonce le mutisme international face à cette vile agression, et demande aux Nations Unies de dépêcher une mission en urgence au Sahara Occidental. En effet, il exhorte l’organisation onusienne à « former une police aux côtés de la Minurso pour protéger les civils sahraouis. Le président Abdelaziz a en outre interpellé toutes les institutions et organisations internationales à prendre position « le plus vite possible », notamment par l’envoi de missions d’enquête pour faire la lumière sur les actes commis par l’armée marocaine. Le président sahraoui a salué le rôle de l’Algérie et son soutien à la cause sahraouie. « La république sahraouie est reconnaissante à l’Algérie pour sa position de principe et historique, en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui », un soutien qui, a-t-il dit, « est en parfaite harmonie avec les principes du 1er novembre, la légalité internationale, le droit international et les résolutions des Nations Unies et de l’Union Africaine ».

 

 

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