Le procès de Houda Feraoun : Défense des accusés
Le Pôle pénal spécialisé dans la lutte contre les crimes financiers et économiques près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), a poursuivi mardi les phases de la deuxième journée du procès de l’ancienne ministre de la Poste et des Télécommunications, Imane Houda Feraoun, et d’anciens cadres de l’entreprise Algérie Télécom, poursuivis pour dilapidation des deniers publics, l’octroi d’indus privilèges et l’abus de fonction, par les plaidoiries du collectif de la défense.
Le collectif de la défense de Houda Feraoun a demandé l’acquittement de cette dernière, arguant qu’elle “ne s’est en aucune manière intervenu dans la direction des projets au profit de la société Huawei”. Les avocats de l’ancienne ministre ont également souligné que leur cliente “avait veillé a l’étude approfondie du projet avant sa réalisation”, ainsi que “le recours a la main-d’œuvre algérienne”.
De son côté, le collectif de la défense de l’ancien directeur général d’Algérie Télécom, Tayeb Kebbal, s’est concentré sur ce qu’il a appelé “les insuffisances dans la décision de renvoi”, soulignant la nécessité de “renommer un expert pour évaluer le préjudice”.
Quant a l’avocat de “Huawei”, il a affirmé que cette société “n’a aucune responsabilité dans cette affaire en tant que personne morale et a réalisé le projet selon un contrat”, ajoutant qu’elle “a réalisé une partie importante du projet de la fibre optique”, mettant l’accent sur la nécessité de nommer un expert pour évaluer le projet.
Dans le même cadre, l’avocat de la société “ZTE” a demandé qu’elle soit acquittée des charges retenues contre elle, notant que l’adoption par Algérie Télécom de la méthode de l’octroi de la transaction de gré a gré était “pour des considérations techniques et des charges concurrentielles”.
A l’issue des plaidoiries, le juge de siège a annoncé que les verdicts seraient prononcés le 18 octobre.
Lors de la séance du matin, le Procureur de la République près de ce Pôle pénal avait requis une peine de huit (8) ans de prison ferme assortie d’une amende de 100.000 DA contre l’ancienne ministre, Imane Houda Feraoun, et l’ancien directeur général d’Algérie Télécom, Tayeb Kebbal.
Le Procureur de la République avait également requis six (6) ans de prison contre le président de la commission des marchés d’Algérie Télécom, et quatre (4) ans de prison contre le reste des accusés, dont l’ancien vice-président directeur général d’Algérie Télécom, Ahmed Choudar, et des membres de cette commission ainsi que son secrétaire technique. Il avait aussi demandé cinq (5) ans d’inéligibilité a l’encontre de tous les accusés.
Le Procureur de la République avait, par ailleurs, requis une amende de cinq (5) millions de DA contre les sociétés “Huawei” et “ZTE”, avec confiscation du solde de comptes bancaires et postaux et de biens saisis sur ordre du juge d’instruction du Tribunal de Sidi M’hamed.